TRAITEMENTS CURATIFS DES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES INTERMÉDIAIRES BCLC B

Une étude multicentrique observationnelle italienne a comparé chez les patients avec un CHC intermédiaire (BCLC B) ceux traités par chimioembolisation intra-artérielle (233 patients) versus ceux traités par un traitement dit « curatif » (145 patients incluant transplantation hépatique, résection hépatique et radiofréquence percutanée). Après ajustement avec un score de propension, les patients traités par un traitement curatif avaient une survie globale plus longue (52 mois) comparés aux patients traités par chimioembolisation (34 mois, P value<0.0001). En conclusion, un traitement curatif pourrait augmenter la survie par rapport à la chimioembolisation intraartérielle dans les CHC intermédiaires BCLC B

RADIO-EMBOLISATION VERSUS CHIMIO-EMBOLISATION DANS LE TRAITEMENT DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Cette étude randomisée monocentrique américaine de phase 2 a comparé la radioembolisation (24 patients) contre la chimioembolisation (19 patients) chez les patients avec carcinome hépatocellulaire (CHC). 80% des patients étaient classés BCLC A et 20% BCLC B et plus de 70% des patients étaient transplantés lors du suivi. Le temps médian à progression était de 6.8 mois dans le groupe chimio-embolisation et n’était pas atteint dans le groupe radio-embolisation (>26 mois, P=0.0012). La survie globale était identique.

Au total, la radioembolisation pourrait diminuer le temps à progression comparée à la chimioembolisation intra-artérielle dans le carcinome hépatocellulaire. Le caractère monocentrique, le faible nombre de patients et l’inclusion de CHC à un stade curatif sont plusieurs faiblesses qui soulignent l’intérêt de répliquer cette étude à plus grande ampleur.

COMPARAISON DE LA RADIOFRÉQUENCE MONOPOLAIRE À LA RADIOFRÉQUENCE MULTIBIPOLAIRE « NO TOUCH » DANS LE TRAITEMENT CURATIF DU CHC

La radiofréquence (RF) monopolaire constitue en l’insertion intratumorale d’une sonde de radiofréquence afin d’obtenir par thermothérapie un traitement curatif du carcinome hépatocellulaire (CHC). La RF multibipolaire « no touch » consiste en l’insertion de plusieurs sondes de radiofréquence en péritumorale afin d’obtenir une marge de sécurité plus importante. Une étude multicentrique rétrospective française a comparée la RF monopolaire à la RF multibipolaire No touch dans le traitement des CHC dans les critères de milan. Après utilisation d’un score de propension, 181 patients avec CHC traités par RF monopolaire ont été comparés à 181 patients avec CHC traités par RF multibipolaire No Touch. Le pourcentage d’échec du traitement percutané (combinant l’échec primaire à la récidive locale) était plus bas dans le groupe RF multibipolaire No touch à 5 ans (9.2%) comparé au groupe RF monopolaire (36.7%, P<0.001). La survie globale était identique entre les deux groupes. En conclusion, une nouvelle technique de radiofréquence « multibipolaire No Touch » est associée à une meilleure efficacité en terme de contrôle locale de la maladie.

SCORE PRÉDICTIF DE SURVENUE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE SUR CIRRHOSE VIRALE C

Une étude multicentrique française a suivi de manière prospective 1323 patients atteints de cirrhose virale C afin d’identifier les facteurs de risque de survenue du carcinome hépatocellulaire (CHC). Cette étude publiée dans Hepatology a permit de créer un score prédictif de survenue du CHC combinant 5 variables associées de manière indépendante à la survenue du CHC : un âge supérieur à 50 ans, un ATCD de consommation excessive d’alcool, un taux de plaquettes < 100 000/mm3, des GGT supérieures à la normale et l’absence de réponse virale soutenue. Ce score prédictif de survenue de CHC est utilisable de manière individuelle pour évaluer le risque de CHC chez chaque patient. En conclusion, la combinaison de variables cliniques et biologiques permet de prédire de manière individuelle le risque de survenue de CHC chez les patients avec cirrhose virale C.

RISQUE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE APRÈS TRAITEMENT ANTIVIRAL C : LA CONTROVERSE CONTINUE

Une étude récente rétrospective espagnole a suggérée que le traitement antiviral de l’hépatite C sans interféron était associé à un risque plus élevé de récidive tumorale chez les patients avec cirrhose virale C déjà traité pour carcinome hépatocellulaire (CHC) (lien ici). Une étude française incluant trois cohortes multicentriques de l’ANRS a montré que le taux de récidive tumorale chez les patients avec un ATCD de CHC était de 10.6% chez 189 patients traités par antiviraux contre 18.7% chez 267 patients non traités (différence non significative).

Au total, cette étude ne retrouve pas de sur-risque de récidive tumorale après traitement antiviral C sans interferon chez les patients déjà traités pour CHC.

LES NOUVEAUX TRAITEMENTS ANTIVIRAUX C AUGMENTENT LE RISQUE DE RÉCIDIVE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE ?

Cette étude espagnole publiée dans Journal of Hepatology a évalué le risque de récidive du carcinome hépatocellulaire (CHC) après traitement curatif chez des patients avec cirrhose virale C et ayant reçu un traitement antiviral C sans interféron. Tous les patients ont reçu un traitement antiviral C après un traitement curatif du CHC (radiofréquence et résection) considéré comme complet. 58 patients ayant eu un traitement antiviral sans interféron après traitement curatif du CHC ont été analysés dans l’étude. Le taux de récidive tumorale après la fin du traitement antiviral VHC était de 27.6% après un suivi médian de 5.7 mois ce qui paraît plus élevé comparé au taux habituel de récidive rapporté dans la littérature.
Néanmoins, le faible nombre de patients et l’absence de groupe contrôle apparié ne permet pas de tirer de conclusion définitive sur un risque plus élevé de CHC après un traitement antiviral sans interféron. De nouvelles études de plus grande ampleur sont nécessaires pour évaluer ce risque.

BIOMARQUEURS SANGUINS ET TUMORAUX DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE EN FONCTION DE L’ÉTIOLOGIE

Cet article publié dans Journal of Hepatology a étudié des biomarqueurs sanguins (503 patients) et tumoraux (immunohistochimie chez 125 patients et séquençage chez 69 patients) chez des patients inclus dans l’essai randomisée de phase 3 comparant l’everolimus au placebo en deuxième ligne du carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé. Un taux élevé de VEGF (vascular andothelial growth factor) et de VEGFR circulant (vascular andothelial growth factor receptor) était associé à une survie globale moins bonne en analyse multivariée. 38% des patients avaient une surexpression de cMET significative et cette surexpression n’était pas associée au pronostique. De plus, cMET était moins fréquemment positif chez les patients ayant un CHC liés à l’hépatite B. Les mutations somatiques des gènes PTEN et TSC2 étaient plus fréquentes chez les patients avec CHC liés à l’hépatite B.

IMPACT DE LA SÉROCONVERSION DE L’AGHBS SUR LE RISQUE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Cette méta-analyse de 28 études publiée dans Alimentary Pharmacology and Therapeutics s’est intéressée au risque de carcinome hépatocellulaire (CHC) chez les patients avec une hépatite B chronique et ayant une séroconversion de l’AgHBs soit spontanée soit sous traitement antiviral. Après séroconversion de l’AgHBs, 2.75% des patients mono-infectés développaient un CHC. La présence d’une cirrhose et d’un âge supérieur à 50 ans étaient associés à un risque plus élevé de développer un CHC (RR=8.24 P< 0.001 et RR=9 P < 0.001). Néanmoins, la séroconversion de l’AgHBS diminuait significativement le risque de développer un CHC (1.87%) comparé aux patients n’ayant pas de séroconversion (6.4%, P < 0.001). Au total, si la séroconversion de l’AgHBs diminue le risque de développer un CHC, celui-ci persiste en particulier chez les patients de plus de 50 ans et les patients cirrhotiques.