RÉVERSIBILITÉ DES LÉSIONS HISTOLOGIQUES HÉPATIQUES LIÉES À LA CHIMIOTHÉRAPIE

La chimiothérapie systémique contenant de l’irinotecan peut entrainer des lésions histologiques de stéatose hépatique et stéatohépatite tandis que l’oxaliplatine peut entrainer des syndromes d’obstruction sinusoïdale et des hyperplasies nodulaires régénératives. Cette étude histologique a analysée 524 foies réséqués chez 429 patients traités par irinotecan ou oxaliplatine pour des métastases de cancer colorectal. Les syndromes d’obstruction sinusoïdale et d’hyperplasie nodulaire régénérative étaient moins souvent observés chez les patients dont l’intervalle chimiothérapie-chirurgie était de plus de 270 jours. Chez les patients opérés à plusieurs reprises sans chimiothérapie d’intervalle, les lésions hépatiques liées à la chimiothérapie diminuaient significativement quand l’intervalle entre chimiothérapie et chirurgie était de plus de 270 jours. Chez ces patients, la majorité des cas de syndromes d’obstruction sinusoïdale ou d’HNR disparaissaient avec le temps.

En conclusion, les lésions hépatiques liées à l’oxaliplatine sont réversibles à distance de l’arrêt de la chimiothérapie.

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L’AZATHIOPRINE N’AUGMENTE PAS LE RISQUE DE CHOLANGIOCARCINOME DANS LA CSP

Les patients atteints de maladies inflammatoires intestinales nécessitent fréquemment la prescription d’immunosuppresseurs au long cours, notamment l’azathioprine. Chez les patients présentant une cholangite sclérosante primitive, une telle prescription pourrait être associée à un risque plus élevé de cholangiocarcinome mais les données manquent sur ce sujet. Cette étude rétrospective allemande et norvégienne, menée sur une cohorte de plus de 600 patients, a enregistré les cas de cholangiocarcinome chez les patients atteints de CSP et de MICI. les patienst traités par azathioprine ne développaient pas plus de cholangiocarcinome que les patients non traités par azathioprine avec un recul de plus de 10 ans. L’incidence du cholangiocarcinome était évaluée à 4,6% à 10 ans et 7,7% à 15 ans.

Ces donnés rassurantes suggèrent que l’azathioprine peut être poursuivi chez les patienst atteints de MICI et de CSP.

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INHIBITEURS DE LA POMPE À PROTONS ET RISQUE D’ENCÉPHALOPATHIE HÉPATIQUE ET D’INFECTION DU LIQUIDE D’ASCITE

Dans un article publié dans Hepatology, l’influence de l’utilisation d’inhibiteurs de pompe à protons (IPP) sur le risque d’encéphalopathie hépatique et d’infection du liquide d’ascite a été étudié chez 865 patients inclus dans trois essais randomisés testant le satavaptan en tant que traitement de l’ascite réfractaire. Pendant le suivi au moins 52 % des patients ont reçus des IPP et seulement 56% des patients traités avaient une indication validée. Le risque de développer une encéphalopathie hépatique était plus importante chez les patients traités par IPP (hazard ratio = 1.88, IC95% 1.21-1.91) ainsi que le risque de développer une infection de liquide d’ascite (HR : 1.72, IC95% 1.10-2.69)).

Au total, l’utilisation d’IPP pourrait augmenter la survenue d’encéphalopathie hépatique et d’infection du liquide d’ascite chez les cirrhotiques. L’indication et la durée de traitement des patients cirrhotiques par IPP doivent être réévaluées régulièrement.

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LES STATINES RÉDUISENT LE RISQUE DE CIRRHOSE ET DE DÉCOMPENSATION DE CIRRHOSE CHEZ LES MALADES ATTEINTS D’HÉPATITE B CHRONIQUE : RÉSULTATS D’UNE ÉTUDE DE COHORTE NATIONALE TAIWANAISE

Une cohorte de 298 761 malades atteints d’hépatite B issue d’une base de données nationale Taiwanaise allant de 1997 à 2009 a été analysée. 6543 malades prenant des statines ont été appariés sur un score de propension à autant de malades ne recevant pas de statines et suivis depuis la date de début des statines.

Après ajustement sur les risques compétitifs de mortalité, l’utilisation de statines diminuait significativement l’incidence cumulée de cirrhose (risque relatif 0.43), le risque de décompensation de cirrhose (risque relatif 0.47) en comparaison avec les malades sans statines. L’effet était plus marqué chez les malades prenant plus de 1 an de statines.

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HÉPATO-TOXICITÉ DES PRODUITS UTILISÉS EN MÉDECINE ALTERNATIVE

Cette étude américaine multicentrique publiée dans American Journal Of Gastroenterology a comparé les hépatites aigue sévères liées aux traitements utilisées en médecine alternative (produits de régimes, suppléments diététiques, phytothérapie) aux hépatites médicamenteuses liés aux médicaments classiques (antituberculeux, antibiotique, anti-épileptique….). 41 patients avec des hépatites liés à des médicaments de médecine alternative ont été comparés à 210 hépatites médicamenteuses liées à des médicaments classiques. L’incidence des hépatites liés aux médecines alternatives augmentaient avec le temps (12% des hépatites médicamenteuses avant 2007 et 21% après 2007, P value = 0.047). La présentation clinique était identique entre les 2 groupes. Néanmoins le pronostic des hépatites liées aux médecines alternatives était plus mauvais avec un taux de transplantation plus élevé (56% contre 32% dans le groupe hépatite médicamenteuse classique). En conclusion, une recherche systématique de produits utilisés pour maigrir et de phytothérapie est indispensable devant toute hépatite aigue. L’incidence de l’hépatotoxicité lié à ses produits augmente car aucun contrôle n’existe sur ces produits au niveau national. Ses hépatites seraient d’un plus mauvais pronostic que les hépatites médicamenteuses « classiques ».

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