PRISE EN CHARGE DES PATIENTS AVEC CIRRHOSE SÉVÈRE: UNE EXCELLENTE MISE AU POINT

Cette revue publiée dans le numéro de mars de Journal of Hepatology reprend l’état des connaissances et émet des recommandations sur la prise en charge des décompensations graves de la cirrhose. L’approche est proche de celle d’une conférence de consensus et de nombreux hépatologues renommés pour leur expertise dans le domaine sont signataires de l’article.

A lire et à relire… notamment les soirs de garde !

L’AJOUT DE LA SIMVASTATINE AU TRAITEMENT STANDARD DE LA PRÉVENTION SECONDAIRE DE LA RUPTURE DE VARICES ŒSOPHAGIENNES NE RÉDUIT PAS LE TAUX DE SAIGNEMENT MAIS AMÉLIORE LA SURVIE DES MALADES ATTEINTS DE CIRRHOSE

Cette étude prospective multicentrique Espagnole a inclus entre octobre 2010 et octobre 2013158 malades atteints de cirrhose ayant eu une rupture de varices œsophagiennes dans les 5 à 10 jours. Les malades recevaient le traitement standard (bêtabloquants + ligature de varices) associé soit à du placébo (n=78) soit de la simvastatine 20 mg/j pendant 2 semaines, puis 40 mg/j. Les malades ont été suivis 24 mois.
Il n’y avait pas de différence sur le critère de jugement principal (décès ou resaignement ; p=0,43) entre les deux groupes. En revanche, les malades recevant de la simvastatine décédaient moins que ceux recevant le placébo (22 vs 9% de décès ; p=0,03). Cet effet était observé chez les Child A. Il n’y avait pas d’effet de la simvastatine sur le re-saignement. Il n’y avait pas de différence dans les taux d’effets secondaires, mais 2 malades ont développé une rhabdomyolyse.

HISTOIRE NATURELLE ET GESTION DES VARICES GASTRO-ŒSOPHAGIENNES AU COURS DE LA THROMBOSE PORTE CHRONIQUE NON CIRRHOTIQUE

Chez les malades atteints de thrombose porte non cirrhotique, la stratégie habituellement recommandée de dépistage et de gestion des varices gastro-œsophagiennes est appliquée dans la cirrhose. Cette étude Franco-Espagnole a inclus prospectivement 178 malades atteints de thrombose porte non cirrhotique suivis en médiane 49 mois. Une rupture de varices était la manifestation initiale dans 15% des cas. Chez les autres malades, des varices de grande taille étaient présentes chez 40 % et des varices gastriques chez 7% des malades. L’ascite et la splénomégalie étaient les facteurs indépendamment associés à la présence  de  varices. L’évolution des varices en termes de formation et de rupture de varice était similaire à celle connue dans la cirrhose.