DIAGNOSTIC DE LA FIBROSE HÉPATIQUE DANS LA NAFLD À L’AIDE DE TESTS SIMPLES

Ce travail a évalué la performance de 7 tests sanguins calculés à partir de variables simples pour le diagnostic non-invasif de la fibrose hépatique chez 145 patients avec une NAFLD inclus dans un centre américain.
Les AUROC du FIB4 et du FibroMètreNAFLD étaient significativement supérieures à celle des autres tests. Par contre, le FibroMètreNAFLD était plus sensible que le FIB4. Inversement, le FIB4 étiat plus spécifique que le FIbroMètreNAFLD.

UN TEST DE NASH À PARTIR DE VARIABLES SIMPLES

Cette étude a inclus 405 patients avec une NAFLD prouvée histologiquement dans deux centres tertiaires américains. L’objectif était de développer un test pour le diagnostic non-invasif de NASH à partir de paramètres simples disponibles en pratique clinique.

6 variables identifées par l’analyse multivariée (BMI, HTA, diabète, ASAT, plaquettes, ferritine) ont été combinées dans un nouveau score, le NASH predictive score (NPS). Le NPS avait une AUROC à 0.81 pour le diagnostic non-invasif de NASH. En utilisant deux seuils diagnostiques, il était possible d’exclure la NASH avec 85% d’exactiture (NPS ≤35) et de l’affirmer avec 91% d’exactitude (NPS ≥79). 46% des patients avaient un diagnostic indétermine (35< NPS <79).

LES REGISTRES DE CANCER SOUS-ESTIMENT L’INCIDENCE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Une équipe australienne a comparé dans la région de Melbourne l’incidence annuelle du carcinome hépatocellulaire (CHC) en utilisant le registre régional de cancer à déclaration obligatoire et en le comparant a une méthode multimodale comportant l’analyse des réunions de concertation pluridisciplinaire, des questionnaires envoyés aux médecins hépatogastroentérologues et l’analyse du codage des hôpitaux.  L’incidence annuel du carcinome hépatocellulaire était deux fois plus importante dans la stratégie multimodale (10.3 pour 100 000 habitants chez les hommes et 2.3 pour 100 000 habitants chez les femmes) que dans le registre de cancer régional (5.3 pour habitants chez les hommes et 1 pour 100 000 habitants chez les femmes, P< 0.0001). Cette différence pourrait être expliquée par le fait que le CHC est moins fréquemment diagnostiqué par l’histologie et donc probablement moins rapporté dans les registres de cancer.

Au total, cette étude suggère que les registres de cancer sous-estimeraient l’incidence annuelle du CHC.  Une validation dans d’autres pays utilisant d’autres registres est nécessaire.

UN SCORE POUR PRÉDIRE LA RÉGRESSION DE LA NASH APRÈS LA PERTE DE POIDS

Ce travail est une étude ancillaire de celle récemment publiée par Vilar-Gomes dans Gastroenterology en 2015 (PMID: 25865049) dans laquelle les auteurs ont évalué l’influence de l’ampleur de la perte de poids sur la régression des lésions histologiques de NAFLD.

Il s’agissait maintenant de développer et valider un score permettant de prédire la résolution de la NASH après la perte de poids. Un modèle incluant 5 variables (age, diabète de type 2, score NAS >= 5, % de perte de poids, et transaminases normale à la fin du suivi) permettait de prédire correctement la régression ou la persistance de la NASH chez 87% des patients avec 90% d’exactitude dans la population de validation.

LE DÉPISTAGE DE LA NASH CHEZ LES DIABÉTIQUES DE TYPE 2 : COÛT-EFFICACE?

Les guidelines AASLD 2012 ne recommandent pas le dépistage de la NASH chez les patients diabétiques.

Cette étude a utilisé un modèle de Markov pour modéliser et comparer une stratégie de dépistage de la NASH chez les diabétiques de type 2 (échographie hépatique, puis PBH si stéatose, puis traitement par pioglitazone si NASH) versus l’absence de dépistage.

Si l’objectif prennait en compte la qualité de vie, la stratégie de dépistage n’était pas coût-efficace comparé à l’absence de dépistage et ce en raison des effets secondaires de la pioglitazone.

Néanmoins, le dépistage de la NASH chez les diabétiques de type 2 pourrait devenir coût-efficace avec les nouveaux traitements de la NASH, s’ils sont plus efficaces et avec moins d’effets secondaires.

IRM VS FIBROSCAN POUR LE DIAGNOSTIC NON INVASIF DE LA FIBROSE ET DE LA STÉATOSE DANS LA NAFLD

Cette étude a comparé l’IRM (élasto-IRM et quantification de la stéatose) versus le Fibroscan (VCTE et CAP) pour le diagnostic non-invasif de la fibrose et de la stéatose chez 142 patients NAFLD avec pour référence la biopsie hépatique.

L’IRM était plus performante que le Fibroscan (CAP) pour le diagnostic de la stéatose mais les différences pour le diagnostic de la fibrose (IRM vs VCTE) étaient moins marquées.

ELAFIBRANOR : UN DOUBLE AGONISTE PPAR ALPHA/DELTA POUR LE TRAITEMENT DE LA NASH

Cette étude de phase 2b a évalué l’elafibranor, un double agoniste PPAR alpha/delta, chez 276 patients avec une NASH.

A la posologie de 120 mg/jr, le traitement n’était pas plus efficace que le placebo pour l’objectif initial (disparition de la stéatose et/ou du ballooning et/ou de l’inflammation lobulaire, sans évolution vers la fibrose septale ou la cirrhose).

Néanmoins, la différence devenait significative si on considérait un objectif plus récemment admis, à savoir la résolution de la stéatohépatite définie par la disparition du ballooning + la disparition de l’inflammation lobulaire ou persistance d’une inflammation seulement minime +  l’absence de progression de la fibrose >= 1 stade.

Par ailleurs, le traitement améliorait significativement les profils lipidiques et glycémiques des patients.