RÔLE DU TABAC ET DU SYNDROME MÉTABOLIQUE SUR LA SURVENUE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE CHEZ LES PATIENTS AVEC HÉPATITE VIRALE B

Cette étude taiwanaise a inclus 1690 hommes avec hépatite B chronique comparés à 1289 patients de même âge sans hépatopathie virale. 158 patients ont développés un CHC dans le groupe hépatite B versus 5 dans le groupe contrôle. Chez les patients avec hépatite B, les patients sans syndrome métabolique avaient une incidence du CHC de 4.83% à 10 ans alors que l’incidence était de 13.6% chez les patients avec au moins 3 facteurs métaboliques. De manière intéressante, le tabagisme actif était associé à un risque plus élevé d’avoir un CHC chez les patients avec une hépatite B et un syndrome métabolique.

Au total, le syndrome métabolique et le tabac augmentent le risque de survenue du CHC chez les hommes avec une hépatite B chronique

FACTEURS PRONOSTIQUES CHEZ LES PATIENTS AVEC CHC AVANCÉ TRAITÉ PAR SORAFENIB

Cette étude a poolée les deux études randomisées de phase 3 comparant le placebo et le sorafenib en première ligne des CHC avancés afin de rechercher les facteurs pronostiques liés à la survie globale. 827 patients ont été inclus dans l’analyse avec 448 patients traités par sorafenib et 379 patients traités par placebo. Les facteurs pronostiques liés à un risque plus élevé de décès étaient un taux élevé d’alphafoetoprotéine, une thrombose porte tumorale et un ratio polynucléaire neutrophile/lymphocyte élevé. Les patients avec une hépatite C chronique, des métastases extrahépatiques et un ratio polynucléaire neutrophile/lymphocyte bas avaient une meilleure réponse au sorafenib.

Au total, le taux d’alphafoetoprotéine, la thrombose porte tumorale et le ratio polynucléaire neutrophile/lymphocyte sont des facteurs pronostiques majeurs chez les patients avec CHC avancés traités par sorafenib

TRAITEMENT ANTIVIRAL DE NOUVELLE GÉNÉRATION POUR HÉPATITE C CHRONIQUE ET INCIDENCE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Cette étude épidémiologique américaine porte sur l’incidence du carcinome hépatocellulaire (CHC) chez les patients avec hépatite C chronique et traités par des antiviraux de nouvelle génération. Parmi 22500 patients avec hépatite C chronique traités par antiviraux C de nouvelle génération, 19518 ont obtenu une réponse virologique soutenu alors que 2982 patients ne l’ont pas obtenu. 39% des patients étaient cirrhotiques. Une réponse virale soutenu après antiviraux de nouvelle génération était associée à une diminution de l’incidence du CHC (0.9% par an dans le groupe réponse virale soutenue versus 3.45% par an dans le groupe sans réponse virale soutenue). Le risque de CHC était plus élevé dans le groupe cirrhotique après réponse virale soutenue (1.82% par an) versus le groupe non cirrhotique (0.34% par an).

En conclusion, chez le patient avec hépatite C chronique traité par antiviraux de nouvelle génération, la réponse virale soutenue est associée à une baisse de l’incidence du carcinome hépatocellulaire. Néanmoins, dans le groupe des patients cirrhotiques cette incidence du CHC reste néanmoins significative (1.82% par an) et justifie la poursuite du dépistage semestrielle par échographie du carcinome hépatocellulaire.

SORAFENIB ET CHIMIOEMBOLISATION INTRA-ARTÉRIELLE DANS LE TRAITEMENT DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE INTERMÉDIAIRE

Cette étude anglaise multicentrique randomisée a comparé la chimioembolisation intra-artérielle (par billes chargées) associée au placebo (156 patients) versus la chimioembolisation intra-artérielle (par billes chargées) associée au sorafenib (157 patients) dans le traitement des CHC dit « intermédiaires » avec comme objectif primaire la survie sans progression. La survie sans progression était identique entre le groupe chimio-embolisation + placebo (235 jours) comparé au groupe chimio-embolisation + sorafenib (238 jours, P value = 0.94). Il n’y avait pas non plus de différence en terme de survie globale dans le groupe placebo (598 jours) versus le groupe sorafenib (631 jours, P=0.57), ni en terme de réponse radiologique estimée par les critères mRECIST (54% de réponse tumorale dans le groupe sorafenib versus 52% dans le groupe placebo).

En conclusion, ceci est la deuxième étude confirmant l’absence d’intérêt clinique de l’ajout du sorafenib à la chimio-embolisation intra-artérielle dans le traitement des CHC intermédiaires

TRAITEMENT PAR ANTICORPS ANTI-PD1 DANS LES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES AVANCÉS

Le nivolumab est un anticorps monoclonal ciblant PD1 efficace dans de nombreux cancers solides comme le mélanome ou le cancer du poumon. Cette étude de phase 1/2 multicentrique internationale non contrôlée non randomisée a traité par nivolumab 262 patients avec carcinomes hépatocellulaires (CHC) avancés. 25% des patients avaient des effets secondaires de grade 3 ou 4 et 4% des patients stoppaient le traitement du fait d’un effet secondaire rapporté au nivolumab. Le taux de réponse tumorale observé était de 16% que ce soit dans le groupe des patients intolérant au sorafenib ou n’ayant pas eu de sorafenib ou dans le groupe des patients progressant sous sorafenib avec un taux médian de réponse de 17 mois. La médiane de survie globale était de 15 mois. Il n’y avait pas de différence de tolérance, de réponse tumorale et de survie dans le groupe des patients atteints d’hépatite B chronique versus le groupe des patients atteints d’hépatite C chronique.

Au total, la phase 2 testant le nivolumab dans les CHC avancés montre des résultats encourageants en terme de réponse tumorale et de survie globale. Une étude randomisée internationale multicentrique de phase 3 est en cours pour confirmer ces résultats.

RÉSECTION HÉPATIQUE DES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES ENVAHISSANT LES VEINES SUS-HÉPATIQUES

Cette étude multicentrique japonaise a comparé les patients avec CHC envahissant les veines sus hépatiques traités par résection hépatique (n=540) aux patients avec CHC envahissant les veines sus hépatiques traités de façon non chirurgicale (chimioembolisation, chimiothérapie, radiofréquence percutané…) (n=481). L’envahissement des veines sus-hépatiques était classé soit comme partiel dans la veine sus hépatique (48%), soit envahissant de manière totale une veine sus hépatique (32%), soit envahissant la veine cave inférieure (20%). Le taux de mortalité post-opératoire à 3 mois était de 4.2% avec un risque plus élevé de décès post-opératoire après une résection hépatique pour envahissement de la veine cave inférieur. Après utilisation d’un score de propension, la médiane de survie globale était de 3.42 ans dans le groupe résection versus 1.81 ans dans le groupe « autres traitements » (P=0.023). La survie à 5 ans dans le groupe résection était de 33% contre 28% dans le groupe « autres traitements ». La présence de plus de 2 nodules de CHC, de varices oesophagiennes, d’un CHC peu différencié et d’une thrombose porte tumorale concomitante étaient les facteurs prédictifs indépendants de décès dans cette série.

Au total, la résection hépatique pourrait être une option thérapeutique chez les patients avec CHC envahissant les veines sus-hépatiques. L’inclusion de patients uniquement asiatiques et l’absence de traitement par Sorafenib dans le groupe contrôle doit faire pondérer la généralisation de ces résultats.

TRAITEMENT DES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES INTERMÉDIAIRES

La chimioembolisation intra-artérielle est le traitement de référence des carcinomes hépatocellulaires dits “intermédiaires” (classés BCLC B). Cette revue de la littérature fait le point sur les alternatives thérapeutiques existantes chez ces patients. La place de la résection hépatique, la transplantation hépatique, l’ablation percutanée, la radioembolisation et les traitements systémiques est discutée chez ces patients.

RADIOFRÉQUENCE PERCUTANÉE COMME TRAITEMENT POUR LES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES EN ATTENTE DE TRANSPLANTATION HÉPATIQUE

Cette étude monocentrique américaine rapporte les résultats à long terme de la radiofréquence percutanée en traitement d’attente du carcinome hépatocellulaire chez les patients en liste d’attente de greffe hépatique. 121 patients ont été inclus et suivis jusqu’à 10 ans. 95% des tumeurs ont pu être traitées de manière complète par une ou plusieurs séances de radiofréquence. Le taux de sortie de liste pour progression tumorale était de 7.4%. Aucun décès lié au traitement n’a été rapporté et seul 1 patient a présenté une greffe tumorale sur le trajet de radiofréquence. La survie globale chez les patients transplantés était de 75.8% à 5 ans et de 42.2% à 10 ans. La survie globale en intention de traiter était de 63.5% à 5 ans et de 41.2% à 10 ans.

Au total, la radiofréquence percutanée est un traitement du carcinome hépatocellulaire sur liste de transplantation hépatique avec de bon résultat carcinologique à court et long terme.

LA DÉCOMPENSATION DE LA MALADIE HÉPATIQUE COMME CAUSE DE DÉCÈS APRÈS TRAITEMENT CURATIF POUR CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE SUR CIRRHOSE VIRALE C

Cette étude multicentrique italienne a inclus 328 patients atteints de cirrhose virale C et atteints d’un CHC traité soit par traitement percutané soit par résection chirurgicale. Cette étude incluait uniquement les patients n’ayant pas été guéris de leur hépatite C afin d’évaluer l’histoire naturelle de la maladie hépatique sous-jacente. La survie globale à 4 ans était de 44% et le taux de récidive tumorale précoce de 21%. La récidive tumorale précoce dans l’année après le traitement, la décompensation hépatique survenant dans l’année après le traitement et la présence de varices oesophagiennes à l’inclusion étaient des facteurs prédictifs de mortalité.

Au total, la survenue d’une décompensation hépatique précoce est un facteur pronostique majeur chez les patients avec cirrhose virale C traité curativement pour un petit CHC