RADIOFRÉQUENCE PERCUTANÉE COMME TRAITEMENT POUR LES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES EN ATTENTE DE TRANSPLANTATION HÉPATIQUE

Cette étude monocentrique américaine rapporte les résultats à long terme de la radiofréquence percutanée en traitement d’attente du carcinome hépatocellulaire chez les patients en liste d’attente de greffe hépatique. 121 patients ont été inclus et suivis jusqu’à 10 ans. 95% des tumeurs ont pu être traitées de manière complète par une ou plusieurs séances de radiofréquence. Le taux de sortie de liste pour progression tumorale était de 7.4%. Aucun décès lié au traitement n’a été rapporté et seul 1 patient a présenté une greffe tumorale sur le trajet de radiofréquence. La survie globale chez les patients transplantés était de 75.8% à 5 ans et de 42.2% à 10 ans. La survie globale en intention de traiter était de 63.5% à 5 ans et de 41.2% à 10 ans.

Au total, la radiofréquence percutanée est un traitement du carcinome hépatocellulaire sur liste de transplantation hépatique avec de bon résultat carcinologique à court et long terme.

LA DÉCOMPENSATION DE LA MALADIE HÉPATIQUE COMME CAUSE DE DÉCÈS APRÈS TRAITEMENT CURATIF POUR CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE SUR CIRRHOSE VIRALE C

Cette étude multicentrique italienne a inclus 328 patients atteints de cirrhose virale C et atteints d’un CHC traité soit par traitement percutané soit par résection chirurgicale. Cette étude incluait uniquement les patients n’ayant pas été guéris de leur hépatite C afin d’évaluer l’histoire naturelle de la maladie hépatique sous-jacente. La survie globale à 4 ans était de 44% et le taux de récidive tumorale précoce de 21%. La récidive tumorale précoce dans l’année après le traitement, la décompensation hépatique survenant dans l’année après le traitement et la présence de varices oesophagiennes à l’inclusion étaient des facteurs prédictifs de mortalité.

Au total, la survenue d’une décompensation hépatique précoce est un facteur pronostique majeur chez les patients avec cirrhose virale C traité curativement pour un petit CHC

DIMINUTION DE LA RÉPONSE VIRALE SOUTENUE CHEZ LES PATIENTS AVEC HÉPATITE C CHRONIQUE ET CHC

Cette étude monocentrique américaine a inclue 421 patients avec cirrhose virale C traités par antiviraux de nouvelle génération dont 33% avaient un antécédent de carcinome hépatocellulaire (CHC). 12% des patients sans ATCD de CHC avaient un échec du traitement antiviral comparés à 21% d’échec chez les patients avec ATCD de CHC (P=0.009). 43% des patients avec un CHC actif au moment du début du traitement antiviral avaient un échec du traitement antiviral. Un INR bas, des ASAT élevées, des plaquettes basses, l’ascite et un CHC actif au moment du traitement étaient associés à un risque plus élevé d’échec du traitement antiviral.

Au total, la présence d’un CHC actif au moment du traitement antiviral C serait associée à un risque plus élevé d’échec du traitement antiviral.

SCORE ALPHA-FOETOPROTÉINE ET PRÉDICTION DU RISQUE DE RÉCIDIVE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE APRÈS TRANSPLANTATION HÉPATIQUE

Le score AFP combine le nombre de tumeurs, la taille des tumeurs et le taux d’alphafoetoprotéine pour prédire le risque de récidive tumorale après transplantation pour carcinome hépatocellulaire. Ce score développé en France est actuellement utilisé pour l’allocation des greffons hépatiques chez les patients en attente de transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire. Cette étude a validé de manière externe ce score sur 574 patients cirrhotiques avec CHC traités par transplantation hépatique en Italie. Les patients avec un score AFP supérieur à 2 avaient un risque plus élevé de récidive tumorale (49%) comparé aux patients avec un score AFP inférieur ou égale à 2 (13%, P<0.001). En conclusion, le score AFP est validé de manière robuste pour prédire la récidive du carcinome hépatocellulaire après transplantation hépatique.

TRAITEMENT ANTIVIRAL B ET RISQUE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Une étude asiatique a évalué le risque de survenue du carcinome hépatocellulaire chez 875 patients avec hépatite B traité par entecavir. Parmi ces 875 patients, après 4.5 ans de suivi, 85 patients ont développé un CHC. Un ADN viral B négatif persistant était observé dans 58.2% des cas alors que dans 47.8% une virémie restait positif soit se repositivait dans le suivi. Les patients avec une virémie positive dans le suivi sous traitement par entecavir avaient un risque plus élevé de développer un carcinome hépatocellulaire (HR=1.98 P=0.002) en particulier chez les patients cirrhotiques.

En conclusion, la persistance d’une charge virale positive, même de manière transitoire, sous traitement antiviral B est associée à un risque élevé de survenue de carcinome hépatocellulaire.

TRANSPLANTATION HÉPATIQUE POUR CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Cette revue de la littérature publiée dans Nature Review Gastroenterology and Hepatology fait le point sur les indications de la transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire (CHC). Les auteurs discutent les indications étendues hors des critères de Milan pour CHC et les manières d’augmenter l’accès aux greffons hépatiques (donneur vivant, foie partagé, donneur à cœur arrêté).

LE REGORAFENIB EN SECONDE LIGNE AUGMENTE LA SURVIE DES PATIENTS AVEC CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES AVANCÉS

Jusqu’à récemment aucun traitement n’avait montré son efficacité après échec d’un traitement par Sorafenib dans les carcinomes hépatocellulaires (CHC) avancés (BCLC B ayant progressé après chimio-embolisation intra-artérielle ou BCLC C). Une étude de phase 3 multicentrique internationale randomisée a comparé le Regorafenib (379 patients), un inhibiteur de tyrosine kinase inhibant RAF, KIT, RET, PDGFR, VEGFR1 et TIE2, au placebo (174 patients). Pour être inclus, les patients devaient être Child Pugh A et avoir été tolérant au Sorafenib (≥400 mg/jour pendant plus de 20 jours pendant 28 jours). La survie globale était de 10.6 mois dans le groupe Regorafenib contre 7.8 mois dans le groupe placebo (P<0.0001). Le taux de réponse radiologique, la survie sans progression, le temps à progression étaient significativement augmentée dans le groupe Regorafenib. Le pourcentage d’effets secondaires était plus important dans le groupe Regorafenib avec plus de fatigue, d’hypertension artérielle, de diarrhée et de syndrome main-pied (53% de syndrome main pied dont 13% de grade 3). En conclusion, le Regorafenib augmente la survie globale des patients ayant un CHC avancé après progression sous Sorafenib et l’ayant correctement toléré.

CLASSIFICATION MOLÉCULAIRE DES ADÉNOMES HÉPATOCELLULAIRES : DES FACTEURS DE RISQUE AU COMPLICATIONS

Depuis 10 ans, les adénomes hépatocellulaires ont été démembrés en plusieurs sous-groupes basés sur l’identification des altérations génétiques tumorales. Les différents sous-groupes d’adénomes sont les suivants : adénomes mutés HNF1A, adénomes inflammatoires, adénomes mutés β-caténine et adénomes dits inclassés car sans caractéristiques moléculaires identifiées. Une étude rétrospective multicentrique française a comparé la classification moléculaire des adénomes hépatocellulaires avec les facteurs de risque, les caractéristiques cliniques et histologiques ainsi qu’avec la survenue de complications hémorragiques et de transformation en carcinome hépatocellulaire. Premièrement, un nouveau sous-groupe d’adénomes (auparavant inclassés) a été identifié et caractérisé par l’activation de la voie de signalisation sonic hedgehog (appelé adénome sonic hedgehog) due à une fusion entre le gène INHBE et GLI1. De plus, la survenue des différents sous groupes d’adénomes hépatocellulaires était dépendante de la balance d’exposition entre les oestrogènes et les androgènes ainsi que du niveau d’exposition aux oestrogènes pendant la vie. Ainsi les adénomes inflammatoires étaient associés à une exposition importante aux oestrogènes durant la vie alors que les adénomes β-caténine étaient associés à une importante exposition aux androgènes. Enfin, les adénomes β-caténine (muté dans l’exon 3) étaient associés à un risque élevé de transformation maligne tandis que les adénomes sonic hedgehog étaient associés à un risque élevé d’hémorragie tumorale.

En conclusion, la mise à jour de la classification moléculaire des adénomes hépatocellulaires a confirmé la forte association entre le sous-type d’adénomes et les facteurs de risque, les caractéristiques cliniques et histologiques ainsi que le type de complications.

IMMUNOTHÉRAPIE ANTI-CTLA4 CHEZ LES PATIENTS AVEC CHC AVANCÉS TRAITÉS PAR ABLATION PERCUTANÉE

Cette étude de phase 2 publiée par dans Journal Of Hepatology rapporte les résultats de la combinaison d’une ablation percutanée en association avec un anticorps anti-CTLA4 (tremelimumab) dans les CHC avancés classés BCLC B et C. L’ablation percutanée ne traitait qu’une partie des lésions tumorales et avaient pour but de « booster » la réponse immunitaire anti-tumorale. La tolérance du traitement combiné était bonne avec la survenue de rash cutané chez quelques patients. 26% des patients ont présentés une réponse partielle évaluée sur les lésions non traitées par la radiofréquence. La survie globale médiane était de 12.3 mois.

Au total, la combinaison de l’ablation percutanée avec des anticorps anti-CTLA4 est associée à des réponses tumorales partielles dans une étude de phase 2 dans les CHC avancés.