DIMINUTION DE LA RÉPONSE VIRALE SOUTENUE CHEZ LES PATIENTS AVEC HÉPATITE C CHRONIQUE ET CHC

Cette étude monocentrique américaine a inclue 421 patients avec cirrhose virale C traités par antiviraux de nouvelle génération dont 33% avaient un antécédent de carcinome hépatocellulaire (CHC). 12% des patients sans ATCD de CHC avaient un échec du traitement antiviral comparés à 21% d’échec chez les patients avec ATCD de CHC (P=0.009). 43% des patients avec un CHC actif au moment du début du traitement antiviral avaient un échec du traitement antiviral. Un INR bas, des ASAT élevées, des plaquettes basses, l’ascite et un CHC actif au moment du traitement étaient associés à un risque plus élevé d’échec du traitement antiviral.

Au total, la présence d’un CHC actif au moment du traitement antiviral C serait associée à un risque plus élevé d’échec du traitement antiviral.

SCORE ALPHA-FOETOPROTÉINE ET PRÉDICTION DU RISQUE DE RÉCIDIVE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE APRÈS TRANSPLANTATION HÉPATIQUE

Le score AFP combine le nombre de tumeurs, la taille des tumeurs et le taux d’alphafoetoprotéine pour prédire le risque de récidive tumorale après transplantation pour carcinome hépatocellulaire. Ce score développé en France est actuellement utilisé pour l’allocation des greffons hépatiques chez les patients en attente de transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire. Cette étude a validé de manière externe ce score sur 574 patients cirrhotiques avec CHC traités par transplantation hépatique en Italie. Les patients avec un score AFP supérieur à 2 avaient un risque plus élevé de récidive tumorale (49%) comparé aux patients avec un score AFP inférieur ou égale à 2 (13%, P<0.001). En conclusion, le score AFP est validé de manière robuste pour prédire la récidive du carcinome hépatocellulaire après transplantation hépatique.

TRAITEMENT ANTIVIRAL B ET RISQUE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Une étude asiatique a évalué le risque de survenue du carcinome hépatocellulaire chez 875 patients avec hépatite B traité par entecavir. Parmi ces 875 patients, après 4.5 ans de suivi, 85 patients ont développé un CHC. Un ADN viral B négatif persistant était observé dans 58.2% des cas alors que dans 47.8% une virémie restait positif soit se repositivait dans le suivi. Les patients avec une virémie positive dans le suivi sous traitement par entecavir avaient un risque plus élevé de développer un carcinome hépatocellulaire (HR=1.98 P=0.002) en particulier chez les patients cirrhotiques.

En conclusion, la persistance d’une charge virale positive, même de manière transitoire, sous traitement antiviral B est associée à un risque élevé de survenue de carcinome hépatocellulaire.

TRANSPLANTATION HÉPATIQUE POUR CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Cette revue de la littérature publiée dans Nature Review Gastroenterology and Hepatology fait le point sur les indications de la transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire (CHC). Les auteurs discutent les indications étendues hors des critères de Milan pour CHC et les manières d’augmenter l’accès aux greffons hépatiques (donneur vivant, foie partagé, donneur à cœur arrêté).

LE REGORAFENIB EN SECONDE LIGNE AUGMENTE LA SURVIE DES PATIENTS AVEC CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES AVANCÉS

Jusqu’à récemment aucun traitement n’avait montré son efficacité après échec d’un traitement par Sorafenib dans les carcinomes hépatocellulaires (CHC) avancés (BCLC B ayant progressé après chimio-embolisation intra-artérielle ou BCLC C). Une étude de phase 3 multicentrique internationale randomisée a comparé le Regorafenib (379 patients), un inhibiteur de tyrosine kinase inhibant RAF, KIT, RET, PDGFR, VEGFR1 et TIE2, au placebo (174 patients). Pour être inclus, les patients devaient être Child Pugh A et avoir été tolérant au Sorafenib (≥400 mg/jour pendant plus de 20 jours pendant 28 jours). La survie globale était de 10.6 mois dans le groupe Regorafenib contre 7.8 mois dans le groupe placebo (P<0.0001). Le taux de réponse radiologique, la survie sans progression, le temps à progression étaient significativement augmentée dans le groupe Regorafenib. Le pourcentage d’effets secondaires était plus important dans le groupe Regorafenib avec plus de fatigue, d’hypertension artérielle, de diarrhée et de syndrome main-pied (53% de syndrome main pied dont 13% de grade 3). En conclusion, le Regorafenib augmente la survie globale des patients ayant un CHC avancé après progression sous Sorafenib et l’ayant correctement toléré.

CLASSIFICATION MOLÉCULAIRE DES ADÉNOMES HÉPATOCELLULAIRES : DES FACTEURS DE RISQUE AU COMPLICATIONS

Depuis 10 ans, les adénomes hépatocellulaires ont été démembrés en plusieurs sous-groupes basés sur l’identification des altérations génétiques tumorales. Les différents sous-groupes d’adénomes sont les suivants : adénomes mutés HNF1A, adénomes inflammatoires, adénomes mutés β-caténine et adénomes dits inclassés car sans caractéristiques moléculaires identifiées. Une étude rétrospective multicentrique française a comparé la classification moléculaire des adénomes hépatocellulaires avec les facteurs de risque, les caractéristiques cliniques et histologiques ainsi qu’avec la survenue de complications hémorragiques et de transformation en carcinome hépatocellulaire. Premièrement, un nouveau sous-groupe d’adénomes (auparavant inclassés) a été identifié et caractérisé par l’activation de la voie de signalisation sonic hedgehog (appelé adénome sonic hedgehog) due à une fusion entre le gène INHBE et GLI1. De plus, la survenue des différents sous groupes d’adénomes hépatocellulaires était dépendante de la balance d’exposition entre les oestrogènes et les androgènes ainsi que du niveau d’exposition aux oestrogènes pendant la vie. Ainsi les adénomes inflammatoires étaient associés à une exposition importante aux oestrogènes durant la vie alors que les adénomes β-caténine étaient associés à une importante exposition aux androgènes. Enfin, les adénomes β-caténine (muté dans l’exon 3) étaient associés à un risque élevé de transformation maligne tandis que les adénomes sonic hedgehog étaient associés à un risque élevé d’hémorragie tumorale.

En conclusion, la mise à jour de la classification moléculaire des adénomes hépatocellulaires a confirmé la forte association entre le sous-type d’adénomes et les facteurs de risque, les caractéristiques cliniques et histologiques ainsi que le type de complications.

IMMUNOTHÉRAPIE ANTI-CTLA4 CHEZ LES PATIENTS AVEC CHC AVANCÉS TRAITÉS PAR ABLATION PERCUTANÉE

Cette étude de phase 2 publiée par dans Journal Of Hepatology rapporte les résultats de la combinaison d’une ablation percutanée en association avec un anticorps anti-CTLA4 (tremelimumab) dans les CHC avancés classés BCLC B et C. L’ablation percutanée ne traitait qu’une partie des lésions tumorales et avaient pour but de « booster » la réponse immunitaire anti-tumorale. La tolérance du traitement combiné était bonne avec la survenue de rash cutané chez quelques patients. 26% des patients ont présentés une réponse partielle évaluée sur les lésions non traitées par la radiofréquence. La survie globale médiane était de 12.3 mois.

Au total, la combinaison de l’ablation percutanée avec des anticorps anti-CTLA4 est associée à des réponses tumorales partielles dans une étude de phase 2 dans les CHC avancés.

IMPACT DES PROCÉDURES DE RAPPEL SUR LA RÉALISATION DU DÉPISTAGE DU CHC CHEZ LES PATIENTS CIRRHOTIQUES

Cette étude randomisée américaine a comparé trois groupes de patients cirrhotiques (1800 patients au total) et soumis en fonction des groupes à: 1) un système de rappel par lettre et téléphone 2) un système de rappel par lettre et téléphone associé à un entretien motivationnel par téléphone 3) un groupe contrôle sans procédure de rappel. Le critère de jugement principal était la réalisation d’une échographie hépatique de dépistage de CHC à 6 mois. Le taux d’échographie hépatique effectuée à 6 mois était plus élevé dans le groupe rappel téléphonique et par lettre (44.5%) comparé au groupe contrôle (24.3%, P < 0.001). L’ajout d’un entretien motivationnel téléphonique n’était pas associé à un taux plus élevé de dépistage (47.2%) comparé au rappel par lettre et téléphonique (P=0.25). Au total, une procédure de rappel téléphonique et par lettre augmente la réalisation d’échographie de dépistage du CHC chez les patients cirrhotiques.

IMAGERIE FONCTIONNELLE DES TUMEURS HÉPATIQUES

Cette revue très complète publiée dans Journal of Hepatology fait le point sur le rôle potentiel de l’imagerie fonctionnelle (produite de contraste hépatobiliaire, séquence en diffusion, imagerie de perfusion, PET scanner) dans la caractérisation des tumeurs hépatiques primitives et secondaires.

TRAITEMENTS CURATIFS DES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES INTERMÉDIAIRES BCLC B

Une étude multicentrique observationnelle italienne a comparé chez les patients avec un CHC intermédiaire (BCLC B) ceux traités par chimioembolisation intra-artérielle (233 patients) versus ceux traités par un traitement dit « curatif » (145 patients incluant transplantation hépatique, résection hépatique et radiofréquence percutanée). Après ajustement avec un score de propension, les patients traités par un traitement curatif avaient une survie globale plus longue (52 mois) comparés aux patients traités par chimioembolisation (34 mois, P value<0.0001). En conclusion, un traitement curatif pourrait augmenter la survie par rapport à la chimioembolisation intraartérielle dans les CHC intermédiaires BCLC B