IMPACT DES PROCÉDURES DE RAPPEL SUR LA RÉALISATION DU DÉPISTAGE DU CHC CHEZ LES PATIENTS CIRRHOTIQUES

Cette étude randomisée américaine a comparé trois groupes de patients cirrhotiques (1800 patients au total) et soumis en fonction des groupes à: 1) un système de rappel par lettre et téléphone 2) un système de rappel par lettre et téléphone associé à un entretien motivationnel par téléphone 3) un groupe contrôle sans procédure de rappel. Le critère de jugement principal était la réalisation d’une échographie hépatique de dépistage de CHC à 6 mois. Le taux d’échographie hépatique effectuée à 6 mois était plus élevé dans le groupe rappel téléphonique et par lettre (44.5%) comparé au groupe contrôle (24.3%, P < 0.001). L’ajout d’un entretien motivationnel téléphonique n’était pas associé à un taux plus élevé de dépistage (47.2%) comparé au rappel par lettre et téléphonique (P=0.25). Au total, une procédure de rappel téléphonique et par lettre augmente la réalisation d’échographie de dépistage du CHC chez les patients cirrhotiques.

IMAGERIE FONCTIONNELLE DES TUMEURS HÉPATIQUES

Cette revue très complète publiée dans Journal of Hepatology fait le point sur le rôle potentiel de l’imagerie fonctionnelle (produite de contraste hépatobiliaire, séquence en diffusion, imagerie de perfusion, PET scanner) dans la caractérisation des tumeurs hépatiques primitives et secondaires.

TRAITEMENTS CURATIFS DES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES INTERMÉDIAIRES BCLC B

Une étude multicentrique observationnelle italienne a comparé chez les patients avec un CHC intermédiaire (BCLC B) ceux traités par chimioembolisation intra-artérielle (233 patients) versus ceux traités par un traitement dit « curatif » (145 patients incluant transplantation hépatique, résection hépatique et radiofréquence percutanée). Après ajustement avec un score de propension, les patients traités par un traitement curatif avaient une survie globale plus longue (52 mois) comparés aux patients traités par chimioembolisation (34 mois, P value<0.0001). En conclusion, un traitement curatif pourrait augmenter la survie par rapport à la chimioembolisation intraartérielle dans les CHC intermédiaires BCLC B

RADIO-EMBOLISATION VERSUS CHIMIO-EMBOLISATION DANS LE TRAITEMENT DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Cette étude randomisée monocentrique américaine de phase 2 a comparé la radioembolisation (24 patients) contre la chimioembolisation (19 patients) chez les patients avec carcinome hépatocellulaire (CHC). 80% des patients étaient classés BCLC A et 20% BCLC B et plus de 70% des patients étaient transplantés lors du suivi. Le temps médian à progression était de 6.8 mois dans le groupe chimio-embolisation et n’était pas atteint dans le groupe radio-embolisation (>26 mois, P=0.0012). La survie globale était identique.

Au total, la radioembolisation pourrait diminuer le temps à progression comparée à la chimioembolisation intra-artérielle dans le carcinome hépatocellulaire. Le caractère monocentrique, le faible nombre de patients et l’inclusion de CHC à un stade curatif sont plusieurs faiblesses qui soulignent l’intérêt de répliquer cette étude à plus grande ampleur.

RÉGRESSION DES ADÉNOMES HÉPATOCELLULAIRES APRÈS LA MÉNOPAUSE

Une équipe des Pays-Bas a récemment publiée une étude dans Journal Of Hepatology sur l’évolution des adénomes hépatocellulaires après la ménopause. La taille des adénomes évaluée par échographie hépatique a été étudiée longitudinalement chez 48 patientes en post-ménopause. Avant la ménopause la taille moyenne des adénomes était de 35.9 mm versus 17.2 mm après la ménopause avec un suivi médian de 22 mois. Parmi les 44 patients avec un suivi analysable en échographie, dans 20 cas les adénomes ont disparus, dans 9 cas les adénomes ont diminués de taille sans disparaitre et dans 15 cas ils sont restés stables. Aucune corrélation entre le sous-type moléculaire des adénomes évalué à l’IRM et la régression après la ménopause n’a été identifiée. Il faut noter que 8 patientes non inclues dans cette étude longitudinale ont eu une résection chirurgical d’adénomes après la ménopause par cette équipe.

Au total, la majorité des adénomes hépatocellulaires chez les femmes reste stable ou diminue de taille après la ménopause.

COMPARAISON DE LA RADIOFRÉQUENCE MONOPOLAIRE À LA RADIOFRÉQUENCE MULTIBIPOLAIRE « NO TOUCH » DANS LE TRAITEMENT CURATIF DU CHC

La radiofréquence (RF) monopolaire constitue en l’insertion intratumorale d’une sonde de radiofréquence afin d’obtenir par thermothérapie un traitement curatif du carcinome hépatocellulaire (CHC). La RF multibipolaire « no touch » consiste en l’insertion de plusieurs sondes de radiofréquence en péritumorale afin d’obtenir une marge de sécurité plus importante. Une étude multicentrique rétrospective française a comparée la RF monopolaire à la RF multibipolaire No touch dans le traitement des CHC dans les critères de milan. Après utilisation d’un score de propension, 181 patients avec CHC traités par RF monopolaire ont été comparés à 181 patients avec CHC traités par RF multibipolaire No Touch. Le pourcentage d’échec du traitement percutané (combinant l’échec primaire à la récidive locale) était plus bas dans le groupe RF multibipolaire No touch à 5 ans (9.2%) comparé au groupe RF monopolaire (36.7%, P<0.001). La survie globale était identique entre les deux groupes. En conclusion, une nouvelle technique de radiofréquence « multibipolaire No Touch » est associée à une meilleure efficacité en terme de contrôle locale de la maladie.

SCORE PRÉDICTIF DE SURVENUE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE SUR CIRRHOSE VIRALE C

Une étude multicentrique française a suivi de manière prospective 1323 patients atteints de cirrhose virale C afin d’identifier les facteurs de risque de survenue du carcinome hépatocellulaire (CHC). Cette étude publiée dans Hepatology a permit de créer un score prédictif de survenue du CHC combinant 5 variables associées de manière indépendante à la survenue du CHC : un âge supérieur à 50 ans, un ATCD de consommation excessive d’alcool, un taux de plaquettes < 100 000/mm3, des GGT supérieures à la normale et l’absence de réponse virale soutenue. Ce score prédictif de survenue de CHC est utilisable de manière individuelle pour évaluer le risque de CHC chez chaque patient. En conclusion, la combinaison de variables cliniques et biologiques permet de prédire de manière individuelle le risque de survenue de CHC chez les patients avec cirrhose virale C.

RISQUE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE APRÈS TRAITEMENT ANTIVIRAL C : LA CONTROVERSE CONTINUE

Une étude récente rétrospective espagnole a suggérée que le traitement antiviral de l’hépatite C sans interféron était associé à un risque plus élevé de récidive tumorale chez les patients avec cirrhose virale C déjà traité pour carcinome hépatocellulaire (CHC) (lien ici). Une étude française incluant trois cohortes multicentriques de l’ANRS a montré que le taux de récidive tumorale chez les patients avec un ATCD de CHC était de 10.6% chez 189 patients traités par antiviraux contre 18.7% chez 267 patients non traités (différence non significative).

Au total, cette étude ne retrouve pas de sur-risque de récidive tumorale après traitement antiviral C sans interferon chez les patients déjà traités pour CHC.