RADIO-EMBOLISATION VERSUS CHIMIO-EMBOLISATION DANS LE TRAITEMENT DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Cette étude randomisée monocentrique américaine de phase 2 a comparé la radioembolisation (24 patients) contre la chimioembolisation (19 patients) chez les patients avec carcinome hépatocellulaire (CHC). 80% des patients étaient classés BCLC A et 20% BCLC B et plus de 70% des patients étaient transplantés lors du suivi. Le temps médian à progression était de 6.8 mois dans le groupe chimio-embolisation et n’était pas atteint dans le groupe radio-embolisation (>26 mois, P=0.0012). La survie globale était identique.

Au total, la radioembolisation pourrait diminuer le temps à progression comparée à la chimioembolisation intra-artérielle dans le carcinome hépatocellulaire. Le caractère monocentrique, le faible nombre de patients et l’inclusion de CHC à un stade curatif sont plusieurs faiblesses qui soulignent l’intérêt de répliquer cette étude à plus grande ampleur.

RÉGRESSION DES ADÉNOMES HÉPATOCELLULAIRES APRÈS LA MÉNOPAUSE

Une équipe des Pays-Bas a récemment publiée une étude dans Journal Of Hepatology sur l’évolution des adénomes hépatocellulaires après la ménopause. La taille des adénomes évaluée par échographie hépatique a été étudiée longitudinalement chez 48 patientes en post-ménopause. Avant la ménopause la taille moyenne des adénomes était de 35.9 mm versus 17.2 mm après la ménopause avec un suivi médian de 22 mois. Parmi les 44 patients avec un suivi analysable en échographie, dans 20 cas les adénomes ont disparus, dans 9 cas les adénomes ont diminués de taille sans disparaitre et dans 15 cas ils sont restés stables. Aucune corrélation entre le sous-type moléculaire des adénomes évalué à l’IRM et la régression après la ménopause n’a été identifiée. Il faut noter que 8 patientes non inclues dans cette étude longitudinale ont eu une résection chirurgical d’adénomes après la ménopause par cette équipe.

Au total, la majorité des adénomes hépatocellulaires chez les femmes reste stable ou diminue de taille après la ménopause.

COMPARAISON DE LA RADIOFRÉQUENCE MONOPOLAIRE À LA RADIOFRÉQUENCE MULTIBIPOLAIRE « NO TOUCH » DANS LE TRAITEMENT CURATIF DU CHC

La radiofréquence (RF) monopolaire constitue en l’insertion intratumorale d’une sonde de radiofréquence afin d’obtenir par thermothérapie un traitement curatif du carcinome hépatocellulaire (CHC). La RF multibipolaire « no touch » consiste en l’insertion de plusieurs sondes de radiofréquence en péritumorale afin d’obtenir une marge de sécurité plus importante. Une étude multicentrique rétrospective française a comparée la RF monopolaire à la RF multibipolaire No touch dans le traitement des CHC dans les critères de milan. Après utilisation d’un score de propension, 181 patients avec CHC traités par RF monopolaire ont été comparés à 181 patients avec CHC traités par RF multibipolaire No Touch. Le pourcentage d’échec du traitement percutané (combinant l’échec primaire à la récidive locale) était plus bas dans le groupe RF multibipolaire No touch à 5 ans (9.2%) comparé au groupe RF monopolaire (36.7%, P<0.001). La survie globale était identique entre les deux groupes. En conclusion, une nouvelle technique de radiofréquence « multibipolaire No Touch » est associée à une meilleure efficacité en terme de contrôle locale de la maladie.

SCORE PRÉDICTIF DE SURVENUE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE SUR CIRRHOSE VIRALE C

Une étude multicentrique française a suivi de manière prospective 1323 patients atteints de cirrhose virale C afin d’identifier les facteurs de risque de survenue du carcinome hépatocellulaire (CHC). Cette étude publiée dans Hepatology a permit de créer un score prédictif de survenue du CHC combinant 5 variables associées de manière indépendante à la survenue du CHC : un âge supérieur à 50 ans, un ATCD de consommation excessive d’alcool, un taux de plaquettes < 100 000/mm3, des GGT supérieures à la normale et l’absence de réponse virale soutenue. Ce score prédictif de survenue de CHC est utilisable de manière individuelle pour évaluer le risque de CHC chez chaque patient. En conclusion, la combinaison de variables cliniques et biologiques permet de prédire de manière individuelle le risque de survenue de CHC chez les patients avec cirrhose virale C.

RISQUE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE APRÈS TRAITEMENT ANTIVIRAL C : LA CONTROVERSE CONTINUE

Une étude récente rétrospective espagnole a suggérée que le traitement antiviral de l’hépatite C sans interféron était associé à un risque plus élevé de récidive tumorale chez les patients avec cirrhose virale C déjà traité pour carcinome hépatocellulaire (CHC) (lien ici). Une étude française incluant trois cohortes multicentriques de l’ANRS a montré que le taux de récidive tumorale chez les patients avec un ATCD de CHC était de 10.6% chez 189 patients traités par antiviraux contre 18.7% chez 267 patients non traités (différence non significative).

Au total, cette étude ne retrouve pas de sur-risque de récidive tumorale après traitement antiviral C sans interferon chez les patients déjà traités pour CHC.

CRITÈRES DE TORONTO ET TRANSPLANTATION POUR CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE: RÔLE DE LA DIFFÉRENCIATION TUMORALE

De nombreux critères de transplantabilité ont été établis ces dernières années pour le carcinome hépatocellulaire (critères de Milan, critères UCSF ou up-to-seven…). Plus récemment, le score AFP (Duvoux et al. Gastroenterology 2012 attribue des points à trois caractéristiques tumorales: taille du plus gros nodule, nombre de lésions et taux plasmatique d’AFP. Les critères de transplantabilité sont régulièrement remis en cause car il existe fréquemment une discordance entre le bilan avant transplantation – qui repose sur l’imagerie en coupes – et les données de l’explant. Actuellement, la plupart des critères ne prennent pas en compte la différenciation de la tumeur qui est un facteur très important de récidive sur le greffon.

Dans ce travail canadien, les auteurs ont cherché à valider leurs critères, dits de Toronto (Du Bay Ann Surg 2011), dans plusieurs cohortes de patients atteints de carcinome hépatocellulaire et transplantés. Les critères prennent en compte l’absence de faible différenciation tumorale, l’absence de signes généraux de cancer, l’absence d’atteinte extrahépatique et d’envahissement vasculaire, quels que soient le nombre et la taille des lésions. Ces critères étaient appliqués à une population de patients présentant les critères de Toronto (n=243), que les patients soient dans les critères de Milan (n=138) ou hors critères de Milan (n=105).

Sur l’ensemble de la cohorte des patients remplissant les critères de Toronto (n=243), la survie n’était pas différente que les patients soient ou non dans les critères de Milan (survie à 5 ans de l’ordre de 70 à 80%) et la courbe ROC des critères de Milan était mauvaise (aire sous la courbe inférieure à 0,6). Le taux d’AFP permettait de scinder les patients à risque de récidive postopératoire de manière satisfaisante.

La conclusion des auteurs est que les critères de Toronto permettent d’amener les patients à la transplantation, quels que soient le nombre et le taille des lésions de CHC. Un taux d’AFP supérieur à 500 ng/ml prédit de façon satisfaisante l’évolution après transplantation. Ce nouveau score qui prend en compte la différenciation tumorale et qui nécessite donc une biopsie avant transplantation doit bien entendu être confirmé dans d’autres mains…

LES NOUVEAUX TRAITEMENTS ANTIVIRAUX C AUGMENTENT LE RISQUE DE RÉCIDIVE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE ?

Cette étude espagnole publiée dans Journal of Hepatology a évalué le risque de récidive du carcinome hépatocellulaire (CHC) après traitement curatif chez des patients avec cirrhose virale C et ayant reçu un traitement antiviral C sans interféron. Tous les patients ont reçu un traitement antiviral C après un traitement curatif du CHC (radiofréquence et résection) considéré comme complet. 58 patients ayant eu un traitement antiviral sans interféron après traitement curatif du CHC ont été analysés dans l’étude. Le taux de récidive tumorale après la fin du traitement antiviral VHC était de 27.6% après un suivi médian de 5.7 mois ce qui paraît plus élevé comparé au taux habituel de récidive rapporté dans la littérature.
Néanmoins, le faible nombre de patients et l’absence de groupe contrôle apparié ne permet pas de tirer de conclusion définitive sur un risque plus élevé de CHC après un traitement antiviral sans interféron. De nouvelles études de plus grande ampleur sont nécessaires pour évaluer ce risque.

BIOMARQUEURS SANGUINS ET TUMORAUX DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE EN FONCTION DE L’ÉTIOLOGIE

Cet article publié dans Journal of Hepatology a étudié des biomarqueurs sanguins (503 patients) et tumoraux (immunohistochimie chez 125 patients et séquençage chez 69 patients) chez des patients inclus dans l’essai randomisée de phase 3 comparant l’everolimus au placebo en deuxième ligne du carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé. Un taux élevé de VEGF (vascular andothelial growth factor) et de VEGFR circulant (vascular andothelial growth factor receptor) était associé à une survie globale moins bonne en analyse multivariée. 38% des patients avaient une surexpression de cMET significative et cette surexpression n’était pas associée au pronostique. De plus, cMET était moins fréquemment positif chez les patients ayant un CHC liés à l’hépatite B. Les mutations somatiques des gènes PTEN et TSC2 étaient plus fréquentes chez les patients avec CHC liés à l’hépatite B.