LES STATINES RÉDUISENT LE RISQUE DE CIRRHOSE ET DE DÉCOMPENSATION DE CIRRHOSE CHEZ LES MALADES ATTEINTS D’HÉPATITE B CHRONIQUE : RÉSULTATS D’UNE ÉTUDE DE COHORTE NATIONALE TAIWANAISE

Une cohorte de 298 761 malades atteints d’hépatite B issue d’une base de données nationale Taiwanaise allant de 1997 à 2009 a été analysée. 6543 malades prenant des statines ont été appariés sur un score de propension à autant de malades ne recevant pas de statines et suivis depuis la date de début des statines.

Après ajustement sur les risques compétitifs de mortalité, l’utilisation de statines diminuait significativement l’incidence cumulée de cirrhose (risque relatif 0.43), le risque de décompensation de cirrhose (risque relatif 0.47) en comparaison avec les malades sans statines. L’effet était plus marqué chez les malades prenant plus de 1 an de statines.

IMPACT DE LA SÉROCONVERSION DE L’AGHBS SUR LE RISQUE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Cette méta-analyse de 28 études publiée dans Alimentary Pharmacology and Therapeutics s’est intéressée au risque de carcinome hépatocellulaire (CHC) chez les patients avec une hépatite B chronique et ayant une séroconversion de l’AgHBs soit spontanée soit sous traitement antiviral. Après séroconversion de l’AgHBs, 2.75% des patients mono-infectés développaient un CHC. La présence d’une cirrhose et d’un âge supérieur à 50 ans étaient associés à un risque plus élevé de développer un CHC (RR=8.24 P< 0.001 et RR=9 P < 0.001). Néanmoins, la séroconversion de l’AgHBS diminuait significativement le risque de développer un CHC (1.87%) comparé aux patients n’ayant pas de séroconversion (6.4%, P < 0.001). Au total, si la séroconversion de l’AgHBs diminue le risque de développer un CHC, celui-ci persiste en particulier chez les patients de plus de 50 ans et les patients cirrhotiques.

QUANTIFICATION DE L’AGHBS: UNE ÉTUDE DE CONFIRMATION

En cas de transaminases normales chez les patients infectés par le virus de l’hépatite B, il est parfois difficile de faire le distinguo entre portage inactif du virus et hépatite chronique à AgHBe négatif.

Pour cette raison, il a été proposé de doser de manière quantitative l’AgHBs avec un seuil proposé de 1000 UI/ml. Un sur-risque de cacrinome hépatocellulaier et de cirrhose a été mis en évidence par plusieurs études chez les patients avec hépatite chronique par rapport aux patients porteurs inactifs et la distinction entre ces deux populations de patients est donc importante.

Bien que la quantification de l’AgHBs soit un outil intéressant, assez peu d’études ont confirmé son intérêt dans de larges cohortes.

Cette étude taïwanaise basée sur la cohorte REVEAL-HBV a inclus 1529 patients avec AgHBe négatif, dont la grande majorité avait des transaminases normales. Le suivi évolutif a permis de classer les patients entre portage inactif stable et confirmé dans le temps, hépatite chronique avec AgHBe négatif à faible charge virale (<20.000 UI/ml) et hépatite chronique avec AgHBe négatif à faible charge virale (>20.000 UI/ml).

A l’inclusion, les patients dont le portage inactif était confirmé au cours du temps avaient effectivement un taux d’AgHBs <1.000 UI/ml et une charge virale <2.000 UI/ml beaucoup plus fréquemment que les autres populations avec une sensibilité de ces seuils de 71%, une spécificité de 85%, une valeur prédictive positive de 83%, et une valeur prédictive négative de 74% et une précision diagnostique de 78%.

Dans cette population, le ratio ajusté de perte de l’AgHBs était de 6,97 par rapport aux autre spopulations et le risque relatif de développer une cirrhose ou un carcinome hépatocellulaire de 0,36 dans les deux cas, confirmant le meilleur pronostic par rapport aux autres fotrmes d’éhaptite B.

Cette étude confirme donc le taux de 1.000 UI/ml de quantification de l’AgHBs comme utile pour définir le portage inactif du VHB, en association à une charge virale <2.000 UI/ml.