Publication des articles de veille scientifique

LE DÉPISTAGE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE AUGMENTE LA SURVIE DES PATIENTS AVEC UNE CIRRHOSE COMPENSÉE

Cette étude américaine a utilisée un modèle de stimulation statistique dit de Markov pour évaluer l’impact du dépistage du carcinome hépatocellulaire (CHC) sur la survie globale et la survie spécifique liée au CHC chez les patients avec cirrhose compensée. Dans un modèle n’incluant pas le dépistage du CHC, 68% des patients vont mourir à 15 ans avec 25% des décès du au CHC et 43% des décès du à une autre complication de la cirrhose. Le dépistage du CHC permettait d’augmenter la survie médiane de survie de 10.4 ans à 11.2 ans. 28 patients devaient être dépisté pour permettre d’éviter un décès.

Au total, le dépistage du CHC augmenterait la survie des patients avec cirrhose compensée. 28 patients doivent être dépisté pour éviter un décès.

COMPARAISON DU TIPS AVEC L’ASSOCIATION B-BLOQUANT ET LIGATURE ENDOSCOPIQUE EN PRÉVENTION SECONDAIRE DES RUPTURES DE VARICES OESOPHAGIENNES CHEZ LES PATIENTS CIRRHOTIQUES AVEC THROMBOSE PORTE

Cette étude monocentrique asiatique a randomisée le TIPS (n=24) versus l’association B-bloquant et ligature endoscopique (n=25) chez les patients cirrhotiques avec thrombose porte cruorique. Les patients recevaient une anticoagulation curative dans les deux groupes. Le critère de jugement principal était le taux de récidive hémorragique définit par la conférence Baveno V. Le TIPS a été techniquement possible chez 23 des 24 patients. Le taux de récidive hémorragique était plus faible dans le groupe TIPS (15% à 1 an) que dans le groupe B-bloquant et ligature endoscopique (45% à 1 an, P = 0.0008). Le taux de recanalisation de la thrombose porte était plus important dans le groupe TIPS (95%) comparé au groupe contrôle (70%, P = 0.03). Il n’était pas observé de différence en terme de survie globale (67% dans groupe TIPS vs 84% dans groupe contrôle, P=0.15) et d’encéphalopathie (25% dans groupe TIPS vs 16% dans groupe contrôle, P=0.44) entre les deux groupes à 2 ans.

Au total, le TIPS diminuerait le risque de récidive hémorragique après rupture de varices oesophagiennes chez les patients cirrhotiques avec thrombose porte comparé à l’association B-bloquant et ligature endoscopique. Toutefois, ces résultats restent à prendre avec précaution du fait du caractère monocentrique de l’étude et du faible nombre de patients.

METROTICKET CALCULATOR 2.0 : UN NOUVEAU MODEL POUR PRÉDIRE LA SURVIE APRÈS TRANSPLANTATION HÉPATIQUE POUR CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Une étude italienne a analysée les facteurs associés à la survie globale chez 1018 patients traités par transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire en Italie. La somme du nombre de tumeurs et de leur taille ainsi que les valeurs d’alphafoetoprotéine étaient associées au risque de décès liés au CHC.

Une somme de tailles et nombres de nodules au maximum de 7 avec une AFP < 200 ng/ml ou une somme de tailles et nombres de nodules au maximum de 5 avec une AFP entre 200 et 400 ng/ml ou une somme de tailles et nombres de nodules au maximum de 4 avec une AFP entre 400 et 1000 ng/ml étaient associées à une survie d’au moins 70% à 5 ans. Dans cette cohorte, le metroticket calculator 2.0 avait une meilleure performance que les critères de Milan, le model UCSF, les critères up-to-seven, le score AFP français pour prédire la survie. Ce nouveau model a été validé dans une cohorte externe de 341 patients traités par transplantation hépatique pour CHC en Asie. Au total, la combinaison de la somme de la taille et du nombre de CHC avec le taux d’AFP permet de prédire précisément le risque de décès après transplantation hépatique pour CHC

EVALUATION DU SELONSERTIB, UN INHIBITEUR DE ASK1, DANS LA NASH (ESSAI PHASE 2)

Cette étude randomisée a évalué l’effet du Selonsertib, un inhibiteur de l’apoptosis signal-regulating kinase 1 (ASK-1) impliquée dans les processus d’inflammation et d’insulino-résistance hépatique.

72 patients avec une NASH prouvée histologiquement, un score NAS ≥5, un stade de fibrose F2-3, au moins 3 sur les 5 critères du syndrome métabolique, et un résultat du Fibroscan ≥7.0 kPa ont été inclus dans 5 groupes :

– Selonsertib 6mg (n=20)

– Selonsertib 18mg (n=22)

– Selonsertib 6mg + simtuzumab 125mg (n=10)

– Selonsertib 18mg + simtuzumab 125mg (n=10)

– Simtuzumab 125mg (n=10)

Le simtuzumab n’ayant pas démontré d’efficacité dans des études ultérieures, ont été comparés les groupes Selonsertib 18mg (n=32) vs 6 mg (n=30) vs contrôle (n=10).

Le taux de régression de la fibrose (≥1 stade) dans ces trois groupes était, respectivement : 43%, 30% et 20%.

Le taux de progression vers la cirrhose était, respectivement : 3%, 7%, et 20%.

Le Selonsertib est actuellement en évaluation dans les essais de phase 3 STELLAR3 et STELLAR4.

DÉPISTAGE DE LA FIBROSE HÉPATIQUE DANS UNE COHORTE FRANÇAISE DE DIABÉTIQUES

Cette étude a évalué l’intérêt du Fibroscan pour le dépistage de la fibrose hépatique dans une cohorte de 705 patients pour lesquels un diabète (glycémie à jeûn ≥7 mmol/l) a été récemment mis en évidence au cours d’un check-up médical dans un centre social.

Une mesure de la dureté hépatique a été effectué avec la sonde M du Fibroscan chez tous les patients. Le résultat était valide pour 455 patients, invalide pour 18, et 250 patients avaient un échec de mesure. La sonde XL a été utilisée pour les 250 patients en échec de mesure avec la sonde M : 232 résultats étaient valides, 14 invalides et 4 en échec de mesure.

Parmi les 669 patients avec une mesure valide :

– 85 (12.7%) avaient un résultat ≥8.0 kPa suggérant une fibrose significative

– 49 (7.3%) un résultat ≥9.6 kPa suggérant une fibrose avancée

– 14 (2.1%) un résultat ≥13.0 kPa suggérant une cirrhose.

47 patients sur les 85 ayant une dureté hépatique ≥8.0 kPa ont eu une biopsie hépatique : 23 avaient une fibrose nulle/minime (F0-2 selon la classification du NASH-CRN), 16 avaient une fibrose avancée F3 et 8 avaient une cirrhose.

Tous les patients cirrhotiques avaient une dureté hépatique ≥13.0 kPa.

Cette étude confirme les résultats de l’étude d’Hong-Kong et l’intérêt du Fibroscan pour le dépistage de la fibrose hépatique chez les patients diabétiques. La prévalence de la fibrose avancée chez les diabétiques pourrait être aux alentours de 5-10%. Cependant, l’accès des diabétologues à cette technologie reste actuellement très limité. Une stratégie débutant avec un test simple (sanguin ?) suivi d’une élastométrie chez les patients à risque pourrait être un bon compromis.

HÉMORRAGIE LIÉE À L’HYPERTENSION PORTALE SUR CIRRHOSE ET TIPS PRÉCOCE EN FRANCE

Cette étude multicentrique française a inclut 964 patients cirrhotiques ayant une hémorragie digestive haute liée à l’hypertension portale dans 58 centres. 67% des patients avaient une hépatopathie d’origine alcoolique et le taux de mortalité à 6 semaines était de 21.2%. Seul 8 des 58 centres pratiquaient le TIPS précoce comme recommandé par la conférence de Baveno. 326 patients (35%) étaient éligibles a un TIPS précoce (Child pugh B avec hémorragie active 32.5% ou child pugh C 67.5% sans autres contre-indications) mais seulement 22 patients (6.7%) ont eu un TIPS précoce. Les explications pour la non réalisation du TIPS précoce étaient les suivantes : absence d’accès facile au TIPS 45%, non adhérence du médecin au principe du TIPS précoce 34% et autres raisons 21%.

Au total, chez les cirrhotiques ayant une hémorragie digestive liée à l’hypertension portale, 35% sont éligibles à un TIPS précoce mais seulement 6.7% ont un TIPS précoce en pratique clinique.

LA CONSOMMATION DE CAFÉ AUGMENTE LA SURVIE DES PATIENTS CO-INFECTÉS VIH ET VHC

Dans une étude multicentrique incluant 1028 patients co-infectés VIH et VHC, 26.6% des patients reportaient une consommation de café d’au moins 3 tasses par jour. 77 décès étaient observés dans cette cohorte et 43% des décès étaient liés à la maladie chronique du foie. Après ajustement sur les éventuels facteurs confondants, la consommation de café (au moins trois tasses par jour) étaient associée à une diminution de la mortalité globale (HR= 0.5; intervalle confiance 95% 0.3–0.9) que ce soit chez les patients ayant une réponse virologique soutenue et chez les patients non guéris de leur virus C.

IMPORTANCE PRONOSTIQUE DE L’OLIGURIE CHEZ LE PATIENT CIRRHOTIQUE

La survenue d’une insuffisance rénale aigue est un facteur pronostic péjoratif bien connu chez les patients cirrhotiques. Cette étude américano-française a étudié 2997 patients cirrhotiques dont 84.6% avaient une insuffisance rénale aigue selon les critères néphrologiques (présence d’une élévation de la créatinine ou d’une oligurie). L’utilisation isolée de l’oligurie comme marqueur d’insuffisance rénale classait plus de patients en stade 2 et 3 d’insuffisance rénale comparée à l’utilisation isolée de l’élévation de la créatinine. De plus la présence d’une oligurie était significativement associée à un risque plus élevé de mortalité.

Au total, la présence d’une oligurie est un marqueur précoce d’insuffisance rénale aigue et un facteur pronostique chez le patient cirrhotique.

LA SÉVÉRITÉ DE LA NAFLD EST ASSOCIÉE À UNE MODIFICATION DU PROFIL PLASMATIQUE DES ACIDES BILIAIRES

Ce travail a évalué le profil plasmatique des acides biliaires dans la NAFLD. 82 patients ont été inclus : 62 patients avec une NAFLD prouvée histologiquement (25 NAFL et 37 NASH) ainsi que 24 patients contrôles.

La sévérité de la NAFLD était associée à une modification du profil des acides biliaires, notamment une augmentation du rapport acides biliaires primaires / secondaires. Parmi les acides biliaires primaires, c’était surtout les formes conjuguées qui étaient augmentées, et l’acide cholique par rapport à l’acide chenodésoxycholique. Ce profil était associé à une tendance à la diminution de l’activation de FXR, et est connu pour être associé à l’insulinorésistance.

Ce travail renforce l’intérêt de l’étude des acides biliaires dans la physiopathologie et le traitement de la NASH.