Publication des articles de veille scientifique

FACTEURS PRÉDICTIFS DE L’ÉVOLUTION DE LA CHOLANGITE SCLÉROSANTE PRIMITIVE

Cette étude rétrospective multicentrique publiée récemment dans Gastroenterology a inclus 7121 patients atteints de cholangite sclérosante primitive (CSP). 66% des patients étaient des hommes avec 90% de CSP classiques et dans 70% des cas une MICI associée. Après 20 ans de suivi, 64% des patients sont soit décédés soit traités par transplantation hépatique et 22% des patients ont développés un cancer hépatico-pancréatico-biliaire de type cholangiocarcinome dans la majorité des cas (incidence de 1.4% par an). En analyse multivariée, un âge avancé au diagnostic était associé à un risque élevé de décès, de transplantation et de cancer hépato-biliaire tandis que le sexe féminin, la CSP des petits canaux et la maladie de Crohn étaient associées à un risque plus faible de décès, de transplantation hépatique et de cancer hépatobiliaire. Le fait d’avoir une maladie de Crohn était associé à un risque plus bas de décès , de transplantation ou de cancer hépatobiliaire comparé au fait d’avoir une rectocolite hémorragique.

Au total, cette série identifie les facteurs pronostiques majeures (sexe, âge au diagnostic, type de CSP, type de MICI) chez les patients atteints de cholangite sclérosante primitive.

ULCÈRES GASTRO-DUODÉNAUX

Cette revue très complète publiée dans le Lancet fait le point sur les critères diagnostiques et le traitement des ulcères gastroduodénaux.

De plus, le rôle de l’infection à helicobacter pylori dans la physiopathologie de l’ulcère ainsi que son traitement est précisé de manière extensive

ENTEROBACTÉRIES PRODUCTRICES DE CARBAPÉNÉMASE CHEZ LES PATIENTS CIRRHOTIQUES

132 patients porteurs d’entérobactéries productrices de carbanépénémase ont été inclus dans cette étude. 73% des patients avaient une infection invasive tandis que 27% des patients étaient colonisées. Le risque de décès lié aux infections bactériennes était plus important chez les patients ayant une infection bactérienne à entérobactéries productrices de carbapénémase.

TRAITEMENT DES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES INTERMÉDIAIRES

La chimioembolisation intra-artérielle est le traitement de référence des carcinomes hépatocellulaires dits “intermédiaires” (classés BCLC B). Cette revue de la littérature fait le point sur les alternatives thérapeutiques existantes chez ces patients. La place de la résection hépatique, la transplantation hépatique, l’ablation percutanée, la radioembolisation et les traitements systémiques est discutée chez ces patients.

PRONOSTIC DES INFECTIONS BACTÉRIENNES CHEZ LES PATIENTS CIRRHOTIQUES

Cette étude monocentrique anglaise a colligée la survenue d’infection bactérienne chez 501 patients cirrhotiques. 26% des patients avaient une infection bactérienne, d’origine communautaire dans 60% des cas et nosocomiale dans 40% des cas. La majorité des infections bactériennes était liée à un cocci gram positif (58%). 23% des bactéries étaient multi-résistantes aux antibiotiques. La survie globale des patients ayant une infection bactérienne était plus courte (16.8 mois) comparée aux patients sans infection bactérienne (25.5 mois, P<0.001). En analyse multivariée, les facteurs associés à une mortalité plus élevée étaient l’infection bactérienne, un MELD élevé, une hospitalisation en réanimation et un âge élevé. Au total, la survenue d’une infection bactérienne chez un cirrhotique est un facteur indépendant associé à la mortalité chez les patients cirrhotiques.

RECOMMANDATION DE L’« AMERICAN GASTROENTEROLOGICAL ASSOCIATION » SUR LA PRISE EN CHARGE DES MALADES AYANT UNE HÉPATITE VIRALE C GUÉRIE

L’association américaine de gastro-entérologie propose des recommandations pour une situation qui est maintenant très fréquente : la gestion des malades chez lesquels le virus de l’hépatite C été éradiqué.

En attendant que les lignes bougent dans les années à venir grâce au suivi prolongé des nombreux malades guéris, ces recommandations ont le mérite de faire le point sur les données disponibles à ce jour.

FACTEURS PRÉDICTIFS DE NÉCROSE INTESTINALE AU COURS DE L’ISCHÉMIE MÉSENTÉRIQUE AIGUË : ÉTUDE PROSPECTIVE

Le « Stroke center » intestinal à l’hôpital Beaujon a analysé les cas des 69 malades admis entre 2009 et 2015 pour ischémie mésentérique aiguë. Les causes d’ischémie mésentérique aiguë étaient artérielle, veineuse, et non occlusive chez 61%, 37%, et 2% des malades, respectivement. 34% des malades ont eu une évolution défavorable définie par une nécrose intestinale transmurale.

Les facteurs associés à une nécrose intestinale transmurale étaient en analyse multivariée une défaillance d’organe (hazard ratio: 3.1), une lactatémie >2 mmol/L (hazard ratio: 4.1) et une dilatation d’une anse intestinale > 2.5 cm (hazard ratio: 2.6). Les malades qui avaient 0, 1, 2, and 3 facteurs avaient des taux de nécrose intestinale transmurale de 3%, 38%, 89%, et 100% respectivement.

Une prise en compte de ces 3 facteurs pourrait permettre d’éviter des résections intestinales inutiles en cas d’ischémie mésentérique aiguë.

L’UTILISATION DES THIOPURINES AU MOMENT DE LA CONCEPTION ET DURANT LA GROSSESSE N’EST ASSOCIÉE NI À LA SURVENUE D’ÉVÈNEMENT INDÉSIRABLES DURANT LA GROSSESSE NI DURANT LA PREMIÈRE ANNÉE DE VIE DES ENFANTS

Les Thiopurines, et en particulier l’azathioprine, sont fréquemment administrées aux malades atteints d’hépatite auto-immune. Beaucoup étant des femmes jeunes, la question de la grossesse et de la gestion du traitement immunosuppresseur durant la grossesse peut se poser.

Cette étude prospective Néerlandaise a inclus toutes les malades avec maladie inflammatoire de l’intestin qui ont consulté entre 2008 et 2016 dans un centre de conseil pré-conceptionnel. Parmi les 319 malades ayant eu un conseil pré-conceptionnel, il y a eu 78 fausses couches et 311 naissances d’enfants vivants provenant de 232 mères.

108 grossesses ont eu lieu sous Thiopurines (dont de l’azathioprine dans 88% des cas) et 203 sans thiopurine.

La prise de thiopurine n’était pas associée à la survenue de fausses couches spontanées, ni à un taux plus élevé de trouble de la croissance, d’infections, d’allergies, ou de maladies chroniques chez le bébé à 1 an de vie.

Ces résultats suggèrent que l’utilisation d’Imurel durant la grossesse est sûre pour la mère et l’enfant.

LA RÉCIDIVE DE LA NASH EST FRÉQUENTE APRÈS TRANSPLANTATION HÉPATIQUE

Le nombre de patients inscrits sur liste de transplantation hépatique pour cirrhose NASH ne cesse d’augmenter. Pourtant peu de données existent sur le devenir à long terme de ces patients après la transplantation. Cette étude américaine avait donc pour but d’évaluer la récidive de la NASH et la survie après transplantation pour cirrhose NASH. 103 patients ont été inclus avec un âge moyen de 55,9 ans et un IMC moyen de 31,4 au moment de la transplantation. La récidive de la maladie hépatique a été évaluée soit par biopsie hépatique soit par élastométrie. Parmi les 34 patients qui avaient eu une biopsie hépatique (après un délai médian de 47 mois après la transplantation), 88% avaient une récidive de NAFLD, 41,2% une récidive de NASH, 20,6% avaient une fibrose sévère. Parmi les 56 patients qui avaient eu une élastométrie hépatique (après un délai médian de 75 mois après la transplantation), 87,5% avaient une stéatose (définie par un CAP supérieur à 236dB/m), 42,9% n’avaient pas de fibrose, 30,4% avaient une fibrose F1-F2, 26,8% avaient une fibrose supérieure ou égale à F3 dont 5,4% une cirrhose (3 patients). La survie après transplantation était de 86% à 5 ans, 71% à 10 ans et 51% à 15 ans. La première cause de mortalité était le cancer, hépatique ou extra-hépatique (25%), ex-aequo avec les infections (25%), suivis par les évènements cardio-vasculaires (22%). 9% des décès étaient liés à la récidive de la cirrhose NASH, après un suivi moyen de 73 mois après la transplantation. Ces résultats montrent donc qu’après transplantation pour cirrhose NASH, la récidive de la NASH est fréquente, avec un risque de récidive de cirrhose pouvant conduire au décès.