Publication des articles de veille scientifique

TIPS EN URGENCE CHEZ LES PATIENTS CIRRHOTIQUES CHILD-PUGH B

Cette revue de la littérature très didactique publiée dans Journal of Hepatology discute les indications (en particulier dans le cadre du traitement et de la prévention secondaire de l’hémorragie digestive liée à l’hypertension portale) et les limitations (quel risque d’encéphalopathie post-TIPS ? Comment prédire la survenue d’insuffisance hépatocellulaire post-TIPS ?) de la pose de TIPS en urgence chez les patients cirrhotiques Child-Pugh B.

IMPACT DES PROCÉDURES DE RAPPEL SUR LA RÉALISATION DU DÉPISTAGE DU CHC CHEZ LES PATIENTS CIRRHOTIQUES

Cette étude randomisée américaine a comparé trois groupes de patients cirrhotiques (1800 patients au total) et soumis en fonction des groupes à: 1) un système de rappel par lettre et téléphone 2) un système de rappel par lettre et téléphone associé à un entretien motivationnel par téléphone 3) un groupe contrôle sans procédure de rappel. Le critère de jugement principal était la réalisation d’une échographie hépatique de dépistage de CHC à 6 mois. Le taux d’échographie hépatique effectuée à 6 mois était plus élevé dans le groupe rappel téléphonique et par lettre (44.5%) comparé au groupe contrôle (24.3%, P < 0.001). L’ajout d’un entretien motivationnel téléphonique n’était pas associé à un taux plus élevé de dépistage (47.2%) comparé au rappel par lettre et téléphonique (P=0.25). Au total, une procédure de rappel téléphonique et par lettre augmente la réalisation d’échographie de dépistage du CHC chez les patients cirrhotiques.

RISQUE DE DÉVELOPPER UNE CIRRHOSE APRÈS UN PREMIER CONTACT HOSPITALIER POUR UN MÉSUSAGE DE L’ALCOOL

Cette étude de registre danoise a analysé l’incidence de la cirrhose alcoolique chez 36044 patients ayant un problème somatique ou psychiatrique lié à la consommation d’alcool (classé en intoxication aigue, simple mésusage ou dépendance) diagnostiqué en milieu hospitalier. L’incidence de la survenue de la cirrhose alcoolique à 15 ans était de 5.9% chez les hommes et de 5.1% chez les femmes. L’âge, avec un pic entre 40 et 49 ans pour le diagnostic de problèmes liés à la consommation d’alcool, était associé à la survenue d’une cirrhose. Un diagnostic de mésusage ou de dépendance à l’alcool était aussi associé à un risque plus élevé de développer une cirrhose alcoolique comparé à une intoxication alcoolique aigue. Le risque de survenue d’une cirrhose alcoolique était augmenté de 11 fois pour les hommes et 18 fois pour les femmes par rapport à la population général.

En conclusion, l’âge au diagnostic et le type de mésusage de l’alcool identifiés à l’hôpital sont des facteurs de risque de survenue de cirrhose alcoolique et pourrait permettre d’identifier les patients pouvant bénéficier d’interventions thérapeutiques.

LA RIFAXIMINE N’A PAS D’EFFET HÉMODYNAMIQUE AU COURS DE LA CIRRHOSE DÉCOMPENSÉE : ÉTUDE RANDOMISÉE EN DOUBLE INSU CONTRE PLACÉBO

La translocation bactérienne est considérée comme un mécanisme clé des perturbations hémodynamiques associées à la cirrhose décompensée.

Cette étude Danoise a testé l’effet de la rifaximine, un antibiotique non absorbable, sur l’hémodynamique des malades atteints de cirrhose décompensée.

Les auteurs ont randomisé 54 malades atteints de cirrhose décompensée (score de Child moyen 8.3, MELD moyen 11.7), mais non hospitalisés : 36 malades ont reçu de la rifaximine 550 mg 2 fois par jours et 18 malades ont reçu du placébo. Un cathétérisme hépatique et cardiaque droit a été effectué à l’inclusion et après 4 semaines de traitement.

La rifaximine n’avait aucun effet sur le gradient de pressions hépatiques, sur l’index cardiaque, sur la fonction rénale ou les taux circulants des hormones vasoactives.

UN NOUVEL ÉLÉMENT À RECHERCHER À L’INTERROGATOIRE EN CAS D’HÉPATITE INEXPLIQUÉE : LA CONSOMMATION DE BOISSONS ÉNERGÉTIQUES

Plusieurs toxiques non médicamenteux tels que les herbes chinoises ou bien encore certains compléments nutritionnels ont été rapportés comme pouvant entrainer des hépatites aigues. Cet article Américain rapporte le cas clinique d’une hépatite cytolytique et cholestatique attribuée à la consommation de boissons énergétiques. Le patient était un homme de 50 ans qui buvait 5 boissons énergétiques par jour depuis 3 semaines. Les auteurs évoquent la responsabilité de l’un des composants de ces boissons : la vitamine B3 ou niacine. En cas d’hépatite supposée toxique sans agent causal identifié, il faudra donc rechercher la consommation de boissons énergétiques. A noter que ce type de boisson est souvent consommé de façon concomitante à l’alcool.