Publication des articles de veille scientifique

A LA RECHERCHE DE BIOMARQUEURS POUR ÉVALUER LA SÉVÉRITÉ DE LA NAFLD

Cette étude a évalué 32 biomarqueurs plasmatiques « spécialisés » chez 648 patients NAFLD de la base de donnée américaine du NASH CRN.

Ces biomarqueurs ont été évalués pour le diagnostic de plusieurs cibles diagnostiques: présence d’une NASH, stéatose >33%, inflammation lobulaire grade 2-3, présence de ballooning, fibrose significative F2-4. Les biomarqueurs indépendamment associés à chaque cible diagnostique ont été identifiés par analyse multivariée ajustée sur les paramètres clinico-biologiques.

Pour la NASH, le seul biomarqueur indépendant était l’aPAI1 (activated plasmingen activartor inhibitor 1).

Pour la fibrose significative, 7 biomarqueurs ont été identifiés: IL-8, MCP-1, resistin, sIL-1R1, sIL-2Ra, TNFa, et IGFII.

Ces biomarqueurs pourront être utilisés pour améliorer les tests non-invasifs des lésions hépatiques de NAFLD.

AMÉLIORATION DE L’INTERPRÉTATION DU RÉSULTAT DU FIBROSCAN EN PRENNANT EN COMPTE LE CAP

Une étude récente a montré que la stéatose hépatique influençait la dureté hépatique mesurée par le Fibroscan (Petta, Hepatology 2015). Or, le Fibroscan permet maintenant d’évaluer le degré de statose hépatique grace au Controlled Attenuation parameter (CAP). Le CAP a l’avantage d’être déterminé dans le même temps que la mesure de la dureté hépatique et ces deux résultats sont disponibles simultanément lors de l’examen avec le Fibroscan.

Ce travail réalisé chez 324 patients NAFLD a montré que la prise en compte du résultat du CAP dans l’interprétation du résultat du Fibroscan permettait de réduire le taux de faux-positifs et d’améliorer la valeur prédictive positive. Un arbre décisionnel prennant en compte la dureté hépatique et le CAP est proposé dans l’article.

DU MICROBIOTE AUSSI DANS LE SANG !!!

Cette étude a été menée dans deux cohortes de patients NAFLD: 50 patients espagnols (cohorte de dérivation) et 71 patients italiens (cohorte de validation).

Le microbiote sanguin a été mesuré dans le sang par qPCR ciblée sur la région hypervariable de l’ARN ribosomial 16S.

Les résultats ont montré que l’ADN bactérien était significativement plus élevé chez les patients ayant une fibrose, et ce dans les deux cohortes de patients.

Le microbiote sanguin: nouvelle piste physiopathologique ? nouveau biomarqueur de fibrose ?

DIMINUTION DES COMPLICATIONS HÉPATIQUES ET EXTRAHÉPATIQUES APRÈS GUÉRISON VIROLOGIQUE DES PATIENTS AVEC CIRRHOSE VIRALE C

Cette étude basée sur l’analyse de la cohorte prospective multicentrique française CIRVIR rapporte les complications hépatiques et extrahépatiques chez 1323 patients ayant une cirrhose virale C compensée en fonction de la survenue d’une réponse virologique soutenue. La réponse virologique soutenue (51% des patients) était associée à une diminution de la survenue de CHC (HR=0.29, P value<0.001), de décompensations hépatiques (HR=0.26, P value<0.001) mais aussi une baisse de la survenue d’évènements cardiovasculaire (HR=0.42, P value=0.001) et d’infections bactériennes (HR=0.44, P value<0.001). La survie globale des patients avec réponse virologique était meilleure que celle des patients sans réponse virologique (HR=0.27, P value<0.001). En conclusion, la réponse virologique soutenue diminue la survenue de complications hépatiques et extrahépatiques (en particulier cardiovasculaires) et améliore la survie globale des patients avec cirrhose virale C.

IMAGERIE FONCTIONNELLE DES TUMEURS HÉPATIQUES

Cette revue très complète publiée dans Journal of Hepatology fait le point sur le rôle potentiel de l’imagerie fonctionnelle (produite de contraste hépatobiliaire, séquence en diffusion, imagerie de perfusion, PET scanner) dans la caractérisation des tumeurs hépatiques primitives et secondaires.

RÔLE DES SAIGNÉES DANS L’HÉPATOSIDÉROSE DYSMÉTABOLIQUE

Une étude randomisée multicentrique ouverte de phase 3 française récemment publiée dans Hepatology a comparé les saignées associées aux règles hygiénodiététiques aux règles hygiénodiététiques seules chez 274 patients avec une surcharge hépatique en fer évaluée à l’IRM et ayant un syndrome métabolique. Les saignées n’étaient pas associées à une diminution significative de la glycémie à jeun (critère de jugement principal, P value=0.57), ni de la résistance insulinique, ni à une amélioration du bilan hépatique (critères de jugements secondaires). La prise de poids à la fin de l’étude était plus important dans le groupe « saignées » (+0.5 kg) comparés au groupe « contrôle » (-0.6 kg) et les saignées étaient associées à une asthénie plus importante.

En conclusion, les saignées n’améliorent pas la glycémies à jeun, ni l’insulinorésistance chez les patients avec une hépatosidérose dysmétabolique.

TRAITEMENTS CURATIFS DES CARCINOMES HÉPATOCELLULAIRES INTERMÉDIAIRES BCLC B

Une étude multicentrique observationnelle italienne a comparé chez les patients avec un CHC intermédiaire (BCLC B) ceux traités par chimioembolisation intra-artérielle (233 patients) versus ceux traités par un traitement dit « curatif » (145 patients incluant transplantation hépatique, résection hépatique et radiofréquence percutanée). Après ajustement avec un score de propension, les patients traités par un traitement curatif avaient une survie globale plus longue (52 mois) comparés aux patients traités par chimioembolisation (34 mois, P value<0.0001). En conclusion, un traitement curatif pourrait augmenter la survie par rapport à la chimioembolisation intraartérielle dans les CHC intermédiaires BCLC B

ANTICOAGULANTS DIRECTS CHEZ LES MALADES AYANT UNE HÉPATOPATHIE

Les anticoagulants directs dont de plus en plus utilisés mais les données sur leur sureté et leur efficacité chez les malades du foie sont limitées. Cette étude du réseau Européen des maladies vasculaires du foie (VALDIG) a inclus 94 malades, dont 36 avaient une cirrhose et 58 une thrombose splanchnique sans cirrhose, traités par anticoagulants directs(rivaroxaban dans 83%, dabigatran chez 11% et apixaban chez 6%). Les malades ont été suivis en médiane 15 mois pour ceux atteints de cirrhose et 26 mois pour ceux sans cirrhose. 17% des malades ont eu des effets indésirables dont 1 récidive de thrombose porte et 5 hémorragies. Les anticoagulants directs ont été interrompus chez 3 malades. Il n’y a eu aucune dégradation de la fonction hépatique ou rénale durant le suivi.

Les anticoagulants directs semblent donc sûrs et efficaces chez les malades du foie.

HYPERTENSION PORTALE CHEZ LES ENFANTS : VARICES À HAUT RISQUE, PROPHYLAXIE PRIMAIRE ET CONSÉQUENCE DES SAIGNEMENTS

La prophylaxie des hémorragies digestives est débattue chez les enfants avec hypertension portale en raison du nombre limité d’études, du manque de données sur les signes endoscopiques prédictifs de saignement et en raison de l’idée que la mortalité est faible après un premier épisode d’hémorragie.

Cette étude rétrospective Française a inclus 1300 enfants avec hypertension portale, pris en charge entre 1989 et 2014. Des varices considérées comme à haut risque (varices œsophagiennes de grade 3 ou varices de grade 2 avec signes rouges ou varices gastriques) étaient présentes chez 96% des enfants saignant spontanément vs. 11% de ceux ne saignant pas sans prophylaxie, quelle que soit la cause de l’hypertension portale. Des complications engageant le pronostic vital survenaient chez 19% des enfants saignant de varices à haut risque et atteints de cirrhose. Une fois la prophylaxie de la rupture de varices instaurée (chirurgicale, radiologique, ou endoscopique, mais pas de bêtabloquants), la survie sans hémorragie à 10 ans était de 96 % chez les enfants avec hypertension portale non cirrhotique et 72% chez les enfants avec cirrhose.

La prophylaxie de l’hémorragie digestive chez les enfants avec varices à haut risque est donc efficace et sûre.

RISQUES ET FACTEURS PRÉDICTIFS DE RUPTURE DE VARICES CHEZ LES MALADES ATTEINTS DE CIRRHOSE RECEVANT UNE PROPHYLAXIE PAR BÊTABLOQUANTS

L’efficacité des bêtabloquants dans la prévention du premier épisode hémorragique a été montrée dans des études randomisées. Cependant, il y a peu de données sur l’intérêt des bêtabloquants en vie réelle.

Cette étude rétrospective utilisant la base de données américaine de la « Veteran administration » a analysé une cohorte de 5775 malades atteints de cirrhose, sans antécédent d’hémorragie digestive, recevant du propranolol ou du nadolol entre 2008 et 2013.

12% de ces malades ont développé une hémorragie digestive dans les 12 mois suivant l’initiation des bêtabloquants. Plus de la moitié des malades recevaient moins de 40 mg/j de bêtabloquant, seuls 18% avaient eu une adaptation de leur dose de bêtabloquants et 10% avaient une réponse hémodynamique (définie par une fréquence cardiaque < 55/min ou pression artérielle systolique < 90 mm Hg). Les facteurs associés la survenue d’une hémorragie digestive étaient un âge jeune, la présence d’ascite, des comorbidités et un MELD plus élevé. A l’inverse, une dose de bêtabloquants supérieure à 60 mg/j, le fait d’avoir adapté les doses de diurétiques et la réponse hémodynamique étaient associées à un risque plus faible. Un suivi rapproché des malades atteints de cirrhose traités par bêtabloquants est donc nécessaire.