Publication des articles de veille scientifique

UN TEST DE NASH À PARTIR DE VARIABLES SIMPLES

Cette étude a inclus 405 patients avec une NAFLD prouvée histologiquement dans deux centres tertiaires américains. L’objectif était de développer un test pour le diagnostic non-invasif de NASH à partir de paramètres simples disponibles en pratique clinique.

6 variables identifées par l’analyse multivariée (BMI, HTA, diabète, ASAT, plaquettes, ferritine) ont été combinées dans un nouveau score, le NASH predictive score (NPS). Le NPS avait une AUROC à 0.81 pour le diagnostic non-invasif de NASH. En utilisant deux seuils diagnostiques, il était possible d’exclure la NASH avec 85% d’exactiture (NPS ≤35) et de l’affirmer avec 91% d’exactitude (NPS ≥79). 46% des patients avaient un diagnostic indétermine (35< NPS <79).

LES NOUVEAUX TRAITEMENTS ANTIVIRAUX C AUGMENTENT LE RISQUE DE RÉCIDIVE DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE ?

Cette étude espagnole publiée dans Journal of Hepatology a évalué le risque de récidive du carcinome hépatocellulaire (CHC) après traitement curatif chez des patients avec cirrhose virale C et ayant reçu un traitement antiviral C sans interféron. Tous les patients ont reçu un traitement antiviral C après un traitement curatif du CHC (radiofréquence et résection) considéré comme complet. 58 patients ayant eu un traitement antiviral sans interféron après traitement curatif du CHC ont été analysés dans l’étude. Le taux de récidive tumorale après la fin du traitement antiviral VHC était de 27.6% après un suivi médian de 5.7 mois ce qui paraît plus élevé comparé au taux habituel de récidive rapporté dans la littérature.
Néanmoins, le faible nombre de patients et l’absence de groupe contrôle apparié ne permet pas de tirer de conclusion définitive sur un risque plus élevé de CHC après un traitement antiviral sans interféron. De nouvelles études de plus grande ampleur sont nécessaires pour évaluer ce risque.

BIOMARQUEURS SANGUINS ET TUMORAUX DU CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE EN FONCTION DE L’ÉTIOLOGIE

Cet article publié dans Journal of Hepatology a étudié des biomarqueurs sanguins (503 patients) et tumoraux (immunohistochimie chez 125 patients et séquençage chez 69 patients) chez des patients inclus dans l’essai randomisée de phase 3 comparant l’everolimus au placebo en deuxième ligne du carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé. Un taux élevé de VEGF (vascular andothelial growth factor) et de VEGFR circulant (vascular andothelial growth factor receptor) était associé à une survie globale moins bonne en analyse multivariée. 38% des patients avaient une surexpression de cMET significative et cette surexpression n’était pas associée au pronostique. De plus, cMET était moins fréquemment positif chez les patients ayant un CHC liés à l’hépatite B. Les mutations somatiques des gènes PTEN et TSC2 étaient plus fréquentes chez les patients avec CHC liés à l’hépatite B.

IMPACT DE LA SÉROCONVERSION DE L’AGHBS SUR LE RISQUE DE CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE

Cette méta-analyse de 28 études publiée dans Alimentary Pharmacology and Therapeutics s’est intéressée au risque de carcinome hépatocellulaire (CHC) chez les patients avec une hépatite B chronique et ayant une séroconversion de l’AgHBs soit spontanée soit sous traitement antiviral. Après séroconversion de l’AgHBs, 2.75% des patients mono-infectés développaient un CHC. La présence d’une cirrhose et d’un âge supérieur à 50 ans étaient associés à un risque plus élevé de développer un CHC (RR=8.24 P< 0.001 et RR=9 P < 0.001). Néanmoins, la séroconversion de l’AgHBS diminuait significativement le risque de développer un CHC (1.87%) comparé aux patients n’ayant pas de séroconversion (6.4%, P < 0.001). Au total, si la séroconversion de l’AgHBs diminue le risque de développer un CHC, celui-ci persiste en particulier chez les patients de plus de 50 ans et les patients cirrhotiques.

ETUDE RANDOMISÉE COMPARANT LES LIGATURES HEBDOMADAIRES VS. TOUTES LES 2 SEMAINES EN PROPHYLAXIE SECONDAIRE DE LA RUPTURE DE VARICES ŒSOPHAGIENNES

La prophylaxie secondaire de la rupture de varices œsophagiennes comprend des ligatures de varices itératives. Cependant, l’intervalle optimal entre les séances de ligatures n’est pas connu.

Cette étude prospective Américaine menée de 2008 à 2014 a randomisé 90 malades ayant fait une rupture de varices œsophagiennes en 2 groupes : ligature de varices hebdomadaire jusqu’à éradication (n=45) vs. ligature de varices toutes les 2 semaines jusqu’à éradication (n=45). Des bêtabloquants ont été adjoints dans les 2 groupes.

Les ligatures hebdomadaires permettaient d’obtenir plus rapidement une éradication des varices (82% d’éradication à 1 mois vs. 51% dans le groupe de ligature toutes les 2 semaines). Il n’y avait en revanche pas de différence entre les 2 groupes pour ce qui concerne le nombre d’endoscopies nécessaires (2.3 vs. 2.1), le taux de ressaignement à 1 mois ou à 2 mois, le taux de dysphagie/odynophagie/douleur thoracique (9% vs. 2%), le taux de sténose œsophagienne (0% vs. 0%), et la mortalité (7% vs.7%).

DISACCHARIDES NON-ABSORBABLES POUR L’ENCÉPHALOPATHIE HÉPATIQUE : REVUE SYSTÉMATIQUE ET MÉTAANALYSE

Les disaccharides non-absorbables (lactulose et lactitol) sont utilisés depuis 50 ans dans le traitement et la prévention de l’encéphalopathie hépatique, mais leur efficacité est débattue.

Une revue systématique et métaanalyse a évalué l’effet des disaccharides non-absorbables dans le traitement et la prévention de l’encéphalopathie chez les malades atteints de cirrhose.

38 études randomisées contrôlées incluant 1828 malades ont été analysées. En préventif comme en curatif, les disaccharides non-absorbables avaient un effet bénéfique sur l’encéphalopathie hépatique, mais aussi sur les autres décompensations hépatiques (insuffisance hépatique, rupture de varices, infections sévères, infection d’ascite, syndrome hépatorénal) et diminuaient la mortalité

PARAMÈTRES DE COAGULATION ET HÉMORRAGIES MAJEURES CHEZ LES MALADES ATTEINTS DE CIRRHOSE EN RÉANIMATION

Une étude Autrichienne a évalué l’impact des anomalies des paramètres de la coagulation sur la survenu d’hémorragie majeure chez malades atteints de cirrhose en réanimation. 211 malades ont été inclus : 35 avec et 176 sans hémorragie majeure durant leur hospitalisation. Les taux à l’admission de fibrinogène, de plaquettes, et le TCA étaient différents entre les malades développant ou pas une hémorragie. En revanche, le TP n’était pas associé aux hémorragies. Les facteurs prédisant indépendamment la survenue d’hémorragie étaient un taux de plaquette à l’admission < 30. 109/L, un fibrinogène < 0.6 g/L, et un TCA > 100 sec. Les malades développant une hémorragie avaint une survie à 1 an plus faible que les malades sans hémorragie (89% and 68%)

UNE FOIS N’EST PAS COUTUME: UN CAS CLINIQUE !

Pour changer un peu des articles originaux, le New England Journal of Medicine publie ce mois-ci un cas clinique court mais très utile en pratique quotidienne, celui d’une encéphalopathie médicamenteuse au métronidazole chez un patient avec cirrhose cryptogénétique. Les encéphalopathies médicamenteuses, causées souvent par les antibiotiques (dont les bétalactamines), sont sans doute fréquentes, même s’il est bien difficile de donner une idée précise de leur incidence. Il convient d’être vigilant chez un patient cirrhotique en encéphalopathie et d’évoquer ce diagnostic causal, notamment quand l’encéphalopathie hépatique « standard » évolue défavorablement ou n’est pas typique. Dans le cas de ce patient, l’IRM cérébrale s’est avérée très utile au diagnostic !