Publication des articles de veille scientifique

IRM AVEC PRODUIT DE CONTRASTE HÉPATO-BILIAIRE POUR LE DIAGNOSTIC DES CHC DE MOINS DE 3 CM

La valeur ajoutée des produits de contraste hépato-biliaire (acide gadoxetique) par rapport aux critères classiques de l’EASL (hypervascularisation au temps artériel puis wash out au temps portal) pour le diagnostic non invasif des petits carcinomes hépatocellulaires (CHC) reste indéterminée. Une équipe coréenne a étudié les caractéristiques radiologiques par IRM avec produit de contraste hépato biliaire chez 198 patients ayant 295 nodules (194 CHC, 98  lésions bénignes et 3 autres cancers). Les critères classiques de diagnostic non invasif de l’EASL avaient la meilleure spécificité (81.2%) et sensibilité (83.5%) pour le diagnostic des CHC de moins de 3 cm. Néanmoins, la combinaison  d’une hypervascularisation au temps artériel et d’une hypodensité à la phase hépato-biliaire avait une meilleure sensibilité (83%) que les critères EASL classiques (74%, P=0.008) avec une spécificité identique (76.7% versus 81.1%) pour le diagnostic des CHC de moins de 2 cm.

En conclusion, l’association d’une hypervascularisation au temps artériel et d’une hypodensité à la phase hépato-biliaire pourrait améliorer la sensibilité pour le diagnostic non invasif des CHC de moins de 2 cm. Ces résultats méritent néanmoins une validation externe.

SORAFENIB VERSUS PLACEBO DANS LE CHC MULTIFOCAL TRAITÉ PAR CHIMIO-EMBOLISATION INTRA-ARTÉRIELLE

Une étude multicentrique randomisée de phase 2 a comparée chez 307 patients avec CHC multifocal l’association chimio-embolisation par billes chargées à la doxorubicine + sorafenib à la chimio-embolisation par billes chargées à la doxorubicine + placebo. Le groupe ayant reçu le sorafenib avait un taux plus élevé d’effets secondaires à type de diarrhée, syndrome main pied, anorexie, hypertension artérielle, perte de poids et éruption cutanée  comparé au groupe ayant reçu le placebo. Le temps  à progression radiologique (le critère de jugement principal de l’étude) n’était pas différent entre le groupe chimio embolisation intra-artérielle et sorafenib (médiane 169 jours) et le groupe chimio embolisation intra-artérielle et placebo (médiane 166 jours, P value=0.072). Il n’y avait pas non plus de différence en terme de survie globale et de pourcentages de réponse tumorale radiologique.

En conclusion, l’ajout du sorafenib n’entraine pas de bénéfice clinique chez les patients traités par chimio-embolisation intra-artérielle

EMBOLISATION VERSUS CHIMIO-EMBOLISATION INTRA-ARTÉRIELLE DU CHC

La place de l’embolisation intra-artérielle seule versus la chimio-embolisation intra-artérielle dans le traitement du carcinome hépatocellulaire (CHC) multifocal reste controversée. Une étude de phase 2 randomisée monocentrique incluant 101 patients a comparé un traitement par embolisation intra-artérielle seule versus chimio-embolisation intra-artérielle avec des billes chargées à la doxorubicine. Le taux d’effets secondaires était identique entre les deux groupes. Le pourcentage de réponse tumorale radiologique (le critère principale de jugement) n’était pas significativement différent que ce soit en utilisant les critères RECIST (5.9% versus 6%) que mRECIST (58.8% versus 54%). Il n’y avait aucune différence en terme de survie sans progression (6.2 mois dans le groupe embolisation versus 2.8 mois dans le groupe chimioembolisation intra-artérielle), ni de survie globale (19.6 mois dans le groupe embolisation versus 20.8 mois dans le groupe chimioembolisation intra-artérielle).

En conclusion, dans cette étude la chimioembolisation intra-artérielle n’était pas associée à une meilleure réponse radiologique comparée à l’embolisation intra-artérielle seule dans les CHC multifocaux.

L’AJOUT DE LA SIMVASTATINE AU TRAITEMENT STANDARD DE LA PRÉVENTION SECONDAIRE DE LA RUPTURE DE VARICES ŒSOPHAGIENNES NE RÉDUIT PAS LE TAUX DE SAIGNEMENT MAIS AMÉLIORE LA SURVIE DES MALADES ATTEINTS DE CIRRHOSE

Cette étude prospective multicentrique Espagnole a inclus entre octobre 2010 et octobre 2013158 malades atteints de cirrhose ayant eu une rupture de varices œsophagiennes dans les 5 à 10 jours. Les malades recevaient le traitement standard (bêtabloquants + ligature de varices) associé soit à du placébo (n=78) soit de la simvastatine 20 mg/j pendant 2 semaines, puis 40 mg/j. Les malades ont été suivis 24 mois.
Il n’y avait pas de différence sur le critère de jugement principal (décès ou resaignement ; p=0,43) entre les deux groupes. En revanche, les malades recevant de la simvastatine décédaient moins que ceux recevant le placébo (22 vs 9% de décès ; p=0,03). Cet effet était observé chez les Child A. Il n’y avait pas d’effet de la simvastatine sur le re-saignement. Il n’y avait pas de différence dans les taux d’effets secondaires, mais 2 malades ont développé une rhabdomyolyse.

HISTOIRE NATURELLE ET GESTION DES VARICES GASTRO-ŒSOPHAGIENNES AU COURS DE LA THROMBOSE PORTE CHRONIQUE NON CIRRHOTIQUE

Chez les malades atteints de thrombose porte non cirrhotique, la stratégie habituellement recommandée de dépistage et de gestion des varices gastro-œsophagiennes est appliquée dans la cirrhose. Cette étude Franco-Espagnole a inclus prospectivement 178 malades atteints de thrombose porte non cirrhotique suivis en médiane 49 mois. Une rupture de varices était la manifestation initiale dans 15% des cas. Chez les autres malades, des varices de grande taille étaient présentes chez 40 % et des varices gastriques chez 7% des malades. L’ascite et la splénomégalie étaient les facteurs indépendamment associés à la présence  de  varices. L’évolution des varices en termes de formation et de rupture de varice était similaire à celle connue dans la cirrhose.