La transplantation hépatique ou greffe de foie est une technique de chirurgie qui consiste au remplacement d’un foie malade et défaillant par un foie sain provenant d’une autre personne compatible en termes de groupe sanguin. Le foie qui est greffé provient d’un donneur décédé, le plus souvent en état de mort cérébrale, suite à un accident vasculaire cérébral.

En pratique, comment ça se passe une greffe de foie ?

La greffe de foie nécessite deux interventions chirurgicales successives très délicates faites par deux équipes différentes :

  • La première intervention, qui est faite sur le donneur en état de mort cérébrale, est le prélèvement du foie ou greffon hépatique;
  • La seconde intervention sur le receveur consiste à réaliser l’ablation du foie malade suivie de l’implantation du greffon hépatique prélevé.

Une parfaite coordination entre ces deux équipes est nécessaire afin de réduire autant que possible le temps pendant lequel le greffon hépatique va être privé de circulation sanguine et d’oxygène. En général, ce délai est de quelques heures.

La greffe de foie en chiffre

La greffe de foie est envisagée quand le foie n’arrive plus à assurer des fonctions suffisantes pour permettre une vie sans risque de complication grave ou de dégradation des conditions de vie. En 2015, 1355 greffes de foie ont été réalisées en France. Le nombre de greffes de foie augmente progressivement (augmentation +24% en 5 ans). Toutes les étapes du processus qui aboutissent à la greffe de foie sont extrêmement règlementées et organisées par une agence sanitaire d’Etat nommée Agence de la Biomédecine.

VRAI/FAUX : Il y a une pénurie de greffon hépatique

Vrai !

Les résultats progressivement favorables de la greffe de foie ont entrainé une augmentation continue du nombre des candidats à la greffe beaucoup plus rapide que celui du nombre de donneurs. En 2015, 181 candidats en attente de greffe de foie sont malheureusement décédés et 122 malades, devenus trop graves, sont sortis de ce projet thérapeutique. Globalement, chaque année, environ 10% des malades inscrits sur liste vont, soit décéder en liste d’attente, soit sortir de liste avant de décéder. Il y a actuellement plus de deux candidats en attente d’une greffe de foie pour un greffon disponible. En conséquence, après 1 an d’attente, la part des malades greffés hépatiques n’est que de 57%.

Cette pénurie justifie et explique tous les efforts faits en faveur du don d’organes sur le plan de la communication auprès du grand public et sur le plan de la législation. Une importante modification de la réglementation est appliquée depuis le 1er janvier 2017 consistant à considérer que toutes les personnes qui n’ont pas fait part de leur opposition officiellement de leur vivant seront considérées comme donneur d’organe potentiel en cas de décès par mort cérébrale. Il est essentiel que chaque personne en France discute et partage avec ses proches cette éventualité. En cas d’opposition au don d’organes, un enregistrement au sein du registre national du refus est devenu nécessaire.

Dans quels cas une transplantation hépatique est indiquée ?

Depuis 2014, le cancer primitif du foie (carcinome hépatocellulaire) est devenu la principale indication de greffe de foie en France (30% des patients sur la liste d’attente). La cirrhose liée à l’alcool est désormais la seconde indication la plus fréquente. Les cirrhoses liées aux virus des hépatites virales B et C sont en nette diminution grâce à l’efficacité des nouveaux traitements, mais elles restent des indications habituelles de greffe de foie. Certaines maladies auto-immunes rares du foie d’évolution terminale justifient également le recours à ce traitement. Enfin la greffe de foie est également indiquée chez des patients en situation d’urgence absolue présentant un arrêt brutal du fonctionnement hépatique appelé hépatite fulminante. Une centaine d’enfants sont également candidats à une greffe de foie tous les ans en France, le plus souvent pour une malformation des canaux biliaires du foie existant à la naissance appelée atrésie des voies biliaires.

Dans quelles structures se font des greffes de foie ?

L’activité de greffe de foie est restreinte à des centres habilités et accrédités par l’Agence de la Biomédecine au nombre de dix-sept pour l’adulte et sept pour l’enfant. Cette restriction est liée à la nécessité d’avoir des moyens techniques de haut niveau et des ressources humaines très spécialisées (chirurgiens hépatiques et aides opératoires, médecins hépatologues, anesthésistes réanimateurs) pour réaliser cette intervention dans les conditions de sécurité maximale. Par ailleurs, une disponibilité et un accès permanent aux examens d’imagerie médicale, aux examens biologiques et immunologiques sont nécessaires. Après une greffe de foie, une hospitalisation en réanimation ou en unité de soins intensifs est nécessaire. La durée totale d’hospitalisation est souvent de plusieurs semaines après une greffe de foie (3 à 4 semaines).

VRAI/FAUX : Les résultats de la greffe de foie sont bons

Vrai !

Le foie est un organe nécessaire à la vie comme le sont les poumons et le cœur. Les résultats de la greffe de foie se sont améliorés d’années en années alors que la gravité et l’âge des candidats augmentent. Les résultats de la greffe de foie dépendent de nombreux facteurs comme par exemple le motif de la greffe, la notion de situation d’urgence et l’âge du candidat. De nombreux examens sont réalisés avant la greffe de foie pour préciser et anticiper les complications au moment de l’intervention. Malgré toutes ces précautions, des complications spécifiques de la greffe peuvent survenir ou un problème de santé sur un autre organe peut malheureusement apparaitre. Si on se place un an après la greffe de foie, la très grande majorité des malades vit dans de bonnes conditions (85%).