Un vieil adage français dit « Quand le foie va, tout va ! »

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Le foie, du latin ficatum, qui désignait le foie d’une oie engraissée aux figues, est un organe indispensable au bon fonctionnement de l’organisme, mais il peut néanmoins être touché par différents types de maladie sans que l’on ne ressente quoi que ce soit. Il est souvent difficile de s’apercevoir que l’on souffre d’une maladie du foie, tant les symptômes peuvent êtres frustes voire absents, même en cas de maladie chronique.

Il n’y a pas de signe très spécifique alertant sur une mauvaise santé du foie ; néanmoins certains symptômes comme une fatigue, une fièvre, une sensation de gêne voire une douleur abdominale à droite, des troubles digestifs, une augmentation du volume abdominal (qui se remplit de liquide appelé ascite), une coloration jaune de la peau (appelée ictère) peuvent alerter. Il ne faut pas non plus se méprendre sur l’origine de certains de ces symptômes ; et ainsi la bien célèbre « crise de foie », ne reflète pas un mauvais fonctionnement propre du foie, mais des manifestations digestives dues à une alimentation trop riche en graisses et/ou en sucres.

Deux types d’atteintes hépatiques sont à distinguer.

La première, appelée hépatite aigue, correspond à une affection dont l’agent causal est éliminé en moins de 6 mois ;

la seconde, appelée hépatite chronique, correspond à une atteinte chronique du foie, avec persistance de l’agent causal plus de 6 mois. Le foie est un organe unique, capable de se régénérer si l’atteinte n’est pas trop sévère. Ainsi, une hépatite aigue résolutive n’entraine pas de conséquence sur la fonction du foie, et celui-ci recouvre un état de fonctionnement normal une fois l’agent causal disparu.

A l’inverse, une hépatite chronique peut engendrer des lésions irréversibles. L’agression chronique du foie entraine un processus de cicatrisation chronique qui lui-même engendre des lésions de fibrose à l’intérieur du foie. Lorsque cette fibrose est trop avancée, on parle de cirrhose ; un état où le foie peut garder un fonctionnement normal pendant un temps puis subitement ne plus fonctionner normalement, on parle alors de décompensation de la maladie hépatique.

Le foie : le régisseur de notre organisme

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En médecine traditionnelle chinoise, le foie est comparé à un général de l’armée car il régit l’organisation générale de toutes les fonctions de l’organisme.

Un mauvais fonctionnement du foie peut ainsi engendrer un dysfonctionnement d’autres organes, dont notamment un mauvais fonctionnement du cœur, des reins, du cerveau, des poumons et de la coagulation du sang.

Le foie peut être agressé par différents types d’agent causal ; dont l’infection virale (comme les virus des hépatites A, B, C, D, E principalement), la toxicité de certains médicaments (comme le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens) ou substances addictives (comme la drogue ou l’alcool), un désordre métabolique (comme une accumulation de graisses dans le foie et/ou un diabète), un désordre immunologique, une maladie héréditaire (comme une accumulation en fer ou en cuivre dans l’organisme), et une mauvaise vascularisation du foie (dysfonction du cœur, caillot sanguin dans un vaisseau alimentant le foie).

Un seul ou plusieurs agents toxiques peuvent être responsables d’un mauvais fonctionnement du foie ; cependant, il arrive encore qu’aucune cause ne soit trouvée.

En cas de mauvais fonctionnement du foie, il n’existe pas de traitement spécifique permettant une amélioration globale des fonctions hépatiques. Seul le traitement spécifique de la cause (comme l’arrêt de la prise de toxique ou un traitement antiviral), quand cela est possible, permet d’espérer retrouver un fonctionnement normal en cas d’éradication de l’agent causal.

Les nombreuses thérapies à base d’aliments, de plantes, ou d’autres agents naturels, n’ont malheureusement pas démontré leur efficacité et peuvent même s’avérer dangereuses en aggravant les lésions déjà pré-existantes. En cas d’atteinte trop sévère, il peut être nécessaire de recourir à la transplantation du foie en changeant le foie malade par celui d’un donneur.