META-ANALYSE DES TESTS NON-INVASIFS DE FIBROSE DANS LA NAFLD

Cette méta-analyse a inclus les données de 64 études (13 294 patients) sur les tests non-invasifs dans la NAFLD.

Les tests non-invasifs étudiés étaient :

– Les tests sanguins BARD, NAFLD fibrosis Score, APRI, FIB4

– Les méthodes d’élastométrie : Fibroscan (sondes M et XL), SuperSonic Imagining, élastométrie par résonnance magnétique

Les performances des différents tests pour le diagnostic de fibrose significative, de fibrose avancée, et de cirrhose sont détaillées dans l’article.

Les conclusions de l’étude, basées sur des comparaisons entre les tests, sont à prendre avec beaucoup de précaution car les résultats utilisés sont issus d’études différentes et non de comparaisons directes sur les mêmes populations.

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CIRRHOSE NASH OU CRYPTOGÉNÉTIQUE?

Cette étude a consulté le registre UNOS sur la période 2002 – 2016 pour comparer les caractéristiques des patients avec une cirrhose cryptogénétique (n=7 999) à celles des patients ayant une cirrhose sur NASH (n=11 302), une cirrhose alcoolique (n=21 714) ou une cirrhose auto-immune (n=3 447).

De 2002 à 2016, le nombre de cirrhoses sur NASH augmentait considérablement (1% à 16%), reflétant l’épidémie de NASH, alors que le nombre de cirrhoses cryptogénétiques diminuait de 8% à 4% reflétant probablement une meilleure idenfication des causes de cirrhose et notamment un meilleur classement des cirrhoses d’origine dysmétabolique en « cirrhose NASH ».

Les facteurs indépendamment associés à l’étiologie NASH de la cirrhose étaient : le diabète de type deux, l’obésité, l’âge, le sexe feminin, et la race blanche. Bien que les taux de patients diabétiques et de patients obèses chez les cirrhoses cryptogénétiques étaient significativement supérieur à ceux observés chez les cirrhoses alcooliques et les cirrhoses auto-immunes, ils restaient significativement inférieurs aux taux observés chez les cirrhoses sur NASH. Ces différences persistaient après ajustement sur l’âge, le sexe, et l’année d’inscription sur la liste; ainsi qu’après stratification sur le diabète de type deux ou sur l’obésité.

Les auteurs concluent que les cirrhoses cryptogénétiques sont différentes des cirrhoses sur NASH et que, par conséquent, les cirrhoses cryptogénétiques ne peuvent pas être considérées comme des cirrhoses sur NASH dans les études épidémiologiques. Néanmoins, ces conclusions sont basées sur la cause de la cirrhose enregistrée dans le registre UNOS qui a probablement évolué dans le temps et s’est améliorée avec la meilleure connaissance de l’histoire naturelle de la NAFLD.

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MODÉLISATION DE L’ÉPIDÉMIE DE NAFLD EN 2030 AUX USA

Ce travail a utilisé un modèle de Markov reproduisant l’histoire naturelle de la NAFLD pour prédire l’évolution de l’épidémie de NAFLD en 2030 aux Etats-Unis.

D’après les résultats de l’étude, la prévalence de la NAFLD et de ses complications va augmenter d’ici à 2030 :

– NAFLD : +21% (101 millions de patients en 2030 versus 83 millions en 2015)

– NASH : +63% (27 millions en 2030 versus 16.5 millions en 2015)

– Cirrhose : +169% (3.5 millions en 2030 versus 1.3 millions en 2015)

– Cirrhose décompensée : +180% (376 100 en 2030 versus 134 400 en 2015)

– Carcinome hépatocellulaire : +146% (24 900 en 2030 versus 10 100 en 2015)

– Transplantation hépatique : +59% (7 600 en 2030 versus 4 800 en 2015)

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TEMPORALITÉ DE LA PRÉVALENCE DE LA NAFLD CHEZ LES PATIENTS CIRRHOTIQUES ET EN ATTENTE DE TRANSPLANTATION AUX USA

Ce travail a utilisé plusieurs bases de données américaines pour évaluer l’évolution de la prévalence de la NAFLD chez les patients cirrhotiques et en attente de transplantation aux USA.

Les résultats montrent que l’impact de la NAFLD augmente progressivement aux Etats-Unis et qu’en 10 ans elle est devenue :

– Une cause aussi fréquente de cirrhose que l’alcool et l’hépatite chronique C

– La seconde cause de cirrhose décompensée, égalité avec l’hépatite chronique C

– La seconde cause de carcinome hépatocellulaire

– Une cause aussi fréquente de transplantation hépatique pour cirrhose décompensée que l’alcool et l’hépatite chronique C

– La seconde cause de transplantation hépatique pour carcinome hépatocellulaire

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LA RESTAURATION D’UN MICROBIOTE SAIN NORMALISE LA PRESSION PORTE CHEZ LES RATS AVEC STÉATOHÉPATITE NON ALCOOLIQUE

La progression de l’hypertension portale au cours de la stéatohépatite non alcoolique (NASH) a peu été étudiée. Une étude menée chez le rat par une équipe de Barcelone a analysé la part du microbiote intestinal dans l’augmentation de la pression porte dans la NASH.

Des rats sains ont été exposés à un régime induisant une NASH (riche en graisses et en fructose) ou un régime normal. Ce régime riche en graisses et en fructose entrainait une augmentation de la pression porte. Puis, les rats avec NASH ont été transplantés avec un microbiote intestinal de rats avec NASH ou de rats sains. La transplantation avec un microbiote de rat normal normalisait la pression porte grâce à une amélioration de la résistance vasculaire intrahépatique. Il s’agit là d’une nouvelle démonstration qu’une modification du microbiote intestinal peut diminuer la pression porte.

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LES PATIENTS AVEC UNE CIRRHOSE SECONDAIRE À L’ALCOOL ONT UN RISQUE DE CHC PLUS FAIBLE MAIS UNE MORTALITÉ HÉPATIQUE PLUS ÉLEVÉE PAR RAPPORT AUX PATIENTS AVEC CIRRHOSE DUE À LA NASH OU À L’HÉPATITE C.

Les études évaluant le pronostic du patient cirrhotique mélangent le plus souvent des patients avec des cirrhoses d’étiologies différentes. Cette étude monocentrique suisse avait pour but d’étudier l’impact de l’étiologie de la cirrhose sur la survie et le risque de carcinome hépatocellulaire. Elle a inclus 752 patients cirrhotiques diagnostiqués entre 1995 et 2014. La cirrhose était secondaire soit à l’alcool, soit au virus C, soit à la NASH. L’étiologie alcool était associée à une incidence plus faible de carcinome hépatocellulaire mais à une mortalité d’origine hépatique plus élevée par rapport aux étiologies virus C et NASH.

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EVALUATION DU SELONSERTIB, UN INHIBITEUR DE ASK1, DANS LA NASH (ESSAI PHASE 2)

Cette étude randomisée a évalué l’effet du Selonsertib, un inhibiteur de l’apoptosis signal-regulating kinase 1 (ASK-1) impliquée dans les processus d’inflammation et d’insulino-résistance hépatique.

72 patients avec une NASH prouvée histologiquement, un score NAS ≥5, un stade de fibrose F2-3, au moins 3 sur les 5 critères du syndrome métabolique, et un résultat du Fibroscan ≥7.0 kPa ont été inclus dans 5 groupes :

– Selonsertib 6mg (n=20)

– Selonsertib 18mg (n=22)

– Selonsertib 6mg + simtuzumab 125mg (n=10)

– Selonsertib 18mg + simtuzumab 125mg (n=10)

– Simtuzumab 125mg (n=10)

Le simtuzumab n’ayant pas démontré d’efficacité dans des études ultérieures, ont été comparés les groupes Selonsertib 18mg (n=32) vs 6 mg (n=30) vs contrôle (n=10).

Le taux de régression de la fibrose (≥1 stade) dans ces trois groupes était, respectivement : 43%, 30% et 20%.

Le taux de progression vers la cirrhose était, respectivement : 3%, 7%, et 20%.

Le Selonsertib est actuellement en évaluation dans les essais de phase 3 STELLAR3 et STELLAR4.

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DÉPISTAGE DE LA FIBROSE HÉPATIQUE DANS UNE COHORTE FRANÇAISE DE DIABÉTIQUES

Cette étude a évalué l’intérêt du Fibroscan pour le dépistage de la fibrose hépatique dans une cohorte de 705 patients pour lesquels un diabète (glycémie à jeûn ≥7 mmol/l) a été récemment mis en évidence au cours d’un check-up médical dans un centre social.

Une mesure de la dureté hépatique a été effectué avec la sonde M du Fibroscan chez tous les patients. Le résultat était valide pour 455 patients, invalide pour 18, et 250 patients avaient un échec de mesure. La sonde XL a été utilisée pour les 250 patients en échec de mesure avec la sonde M : 232 résultats étaient valides, 14 invalides et 4 en échec de mesure.

Parmi les 669 patients avec une mesure valide :

– 85 (12.7%) avaient un résultat ≥8.0 kPa suggérant une fibrose significative

– 49 (7.3%) un résultat ≥9.6 kPa suggérant une fibrose avancée

– 14 (2.1%) un résultat ≥13.0 kPa suggérant une cirrhose.

47 patients sur les 85 ayant une dureté hépatique ≥8.0 kPa ont eu une biopsie hépatique : 23 avaient une fibrose nulle/minime (F0-2 selon la classification du NASH-CRN), 16 avaient une fibrose avancée F3 et 8 avaient une cirrhose.

Tous les patients cirrhotiques avaient une dureté hépatique ≥13.0 kPa.

Cette étude confirme les résultats de l’étude d’Hong-Kong et l’intérêt du Fibroscan pour le dépistage de la fibrose hépatique chez les patients diabétiques. La prévalence de la fibrose avancée chez les diabétiques pourrait être aux alentours de 5-10%. Cependant, l’accès des diabétologues à cette technologie reste actuellement très limité. Une stratégie débutant avec un test simple (sanguin ?) suivi d’une élastométrie chez les patients à risque pourrait être un bon compromis.

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LA SÉVÉRITÉ DE LA NAFLD EST ASSOCIÉE À UNE MODIFICATION DU PROFIL PLASMATIQUE DES ACIDES BILIAIRES

Ce travail a évalué le profil plasmatique des acides biliaires dans la NAFLD. 82 patients ont été inclus : 62 patients avec une NAFLD prouvée histologiquement (25 NAFL et 37 NASH) ainsi que 24 patients contrôles.

La sévérité de la NAFLD était associée à une modification du profil des acides biliaires, notamment une augmentation du rapport acides biliaires primaires / secondaires. Parmi les acides biliaires primaires, c’était surtout les formes conjuguées qui étaient augmentées, et l’acide cholique par rapport à l’acide chenodésoxycholique. Ce profil était associé à une tendance à la diminution de l’activation de FXR, et est connu pour être associé à l’insulinorésistance.

Ce travail renforce l’intérêt de l’étude des acides biliaires dans la physiopathologie et le traitement de la NASH.

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