CLASSIFICATION MOLÉCULAIRE DES ADÉNOMES HÉPATOCELLULAIRES : DES FACTEURS DE RISQUE AU COMPLICATIONS

Depuis 10 ans, les adénomes hépatocellulaires ont été démembrés en plusieurs sous-groupes basés sur l’identification des altérations génétiques tumorales. Les différents sous-groupes d’adénomes sont les suivants : adénomes mutés HNF1A, adénomes inflammatoires, adénomes mutés β-caténine et adénomes dits inclassés car sans caractéristiques moléculaires identifiées. Une étude rétrospective multicentrique française a comparé la classification moléculaire des adénomes hépatocellulaires avec les facteurs de risque, les caractéristiques cliniques et histologiques ainsi qu’avec la survenue de complications hémorragiques et de transformation en carcinome hépatocellulaire. Premièrement, un nouveau sous-groupe d’adénomes (auparavant inclassés) a été identifié et caractérisé par l’activation de la voie de signalisation sonic hedgehog (appelé adénome sonic hedgehog) due à une fusion entre le gène INHBE et GLI1. De plus, la survenue des différents sous groupes d’adénomes hépatocellulaires était dépendante de la balance d’exposition entre les oestrogènes et les androgènes ainsi que du niveau d’exposition aux oestrogènes pendant la vie. Ainsi les adénomes inflammatoires étaient associés à une exposition importante aux oestrogènes durant la vie alors que les adénomes β-caténine étaient associés à une importante exposition aux androgènes. Enfin, les adénomes β-caténine (muté dans l’exon 3) étaient associés à un risque élevé de transformation maligne tandis que les adénomes sonic hedgehog étaient associés à un risque élevé d’hémorragie tumorale.

En conclusion, la mise à jour de la classification moléculaire des adénomes hépatocellulaires a confirmé la forte association entre le sous-type d’adénomes et les facteurs de risque, les caractéristiques cliniques et histologiques ainsi que le type de complications.

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IMAGERIE FONCTIONNELLE DES TUMEURS HÉPATIQUES

Cette revue très complète publiée dans Journal of Hepatology fait le point sur le rôle potentiel de l’imagerie fonctionnelle (produite de contraste hépatobiliaire, séquence en diffusion, imagerie de perfusion, PET scanner) dans la caractérisation des tumeurs hépatiques primitives et secondaires.

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RÉGRESSION DES ADÉNOMES HÉPATOCELLULAIRES APRÈS LA MÉNOPAUSE

Une équipe des Pays-Bas a récemment publiée une étude dans Journal Of Hepatology sur l’évolution des adénomes hépatocellulaires après la ménopause. La taille des adénomes évaluée par échographie hépatique a été étudiée longitudinalement chez 48 patientes en post-ménopause. Avant la ménopause la taille moyenne des adénomes était de 35.9 mm versus 17.2 mm après la ménopause avec un suivi médian de 22 mois. Parmi les 44 patients avec un suivi analysable en échographie, dans 20 cas les adénomes ont disparus, dans 9 cas les adénomes ont diminués de taille sans disparaitre et dans 15 cas ils sont restés stables. Aucune corrélation entre le sous-type moléculaire des adénomes évalué à l’IRM et la régression après la ménopause n’a été identifiée. Il faut noter que 8 patientes non inclues dans cette étude longitudinale ont eu une résection chirurgical d’adénomes après la ménopause par cette équipe.

Au total, la majorité des adénomes hépatocellulaires chez les femmes reste stable ou diminue de taille après la ménopause.

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TRANSPLANTATION HÉPATIQUE POUR ADÉNOMATOSE

Cette étude rétrospective européenne basée sur le registre européen de transplantation hépatique a rapporté les caractéristiques cliniques et histologiques de 49 patients traités par transplantation hépatique pour une adénomatose (définie par plus de 10 adénomes hépatocellulaires). 63% des patients étaient des femmes, 14% avaient une maladie vasculaire hépatique et 33% avaient une glycogénose. 2 patients avaient un diabète de type MODY3, un facteur de risque d’adénomatose hépatique due à une mutation germinale d’HNF1A et 2 patients supplémentaires avaient des ATCD familiaux d’adénomes hépatocellulaires. 33% des patients étaient transplantés pour suspicion de transformation maligne,  31% pour une transformation maligne prouvée histologiquement en pré-transplantation, 16% pour une progression de la maladie en taille et nombre d’adénomes, 10% pour hémorragie et 10% pour une adénomatose symptomatique sans possibilité de résection. Parmi les 15 patients (33%, principalement atteints de glycogénose) transplantés pour suspicion de transformation maligne, seulement 1 patient avait un CHC sur l’explant. Les explants ont été analysés par immunohistochimie dans 23 cas : 10 des adénomatoses étaient composées d’adénomes inactivés pour HNF1A, tandis que dans le reste des cas les adénomes étaient soit inflammatoires soit une association d’adénomes inflammatoires et d’adénomes activés B-caténine.

Les patients atteints de glycogénose avaient plus souvent un CHC. 2 patients sur les 49 inclus sont décédés en post-opératoire et 3 patients décédés de récidive du CHC et 5 patients ont été retransplantés. Après un suivi de 108 mois, 41 patients sur 49 étaient toujours en vie.Au total, la transplantation hépatique reste un traitement exceptionnel des adénomatoses hépatiques mais qui peut être proposée en cas de transformation maligne.

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