L’année 2026 marque un tournant majeur dans la prise en charge MASH. Pour la première fois, un traitement pharmacologique ciblé, le resmétirom (REZDIFFRA®), bénéficie en France d’une autorisation d’accès précoce pour les patients atteints de MASH non cirrhotique avec fibrose hépatique avancée (stade F3).
Cette décision de la Haute Autorité de santé (HAS) constitue une avancée importante pour une pathologie dont la prévalence ne cesse de croître et qui représente désormais l’une des principales causes de cirrhose, de carcinome hépatocellulaire et de transplantation hépatique. Malgré l’efficacité reconnue des mesures hygiéno-diététiques, peu de patients parviennent à obtenir et à maintenir une perte pondérale suffisante pour induire une amélioration histologique durable. La mise à disposition du resmétirom ouvre ainsi une nouvelle perspective thérapeutique pour les patients présentant un risque élevé de progression vers la cirrhose et ses complications.
Le resmétirom est un agoniste sélectif du récepteur β des hormones thyroïdiennes (THR-β), dont l’action est principalement hépatique. Dans l’étude pivot de phase III MAESTRO-NASH, il a démontré, après 52 semaines de traitement, une amélioration histologique significative, caractérisée par une résolution de la MASH sans aggravation de la fibrose et une régression d’au moins un stade de fibrose sans aggravation de l’activité nécro-inflammatoire. Si le bénéfice absolu observé par rapport au placebo demeure modeste, de l’ordre de 10 %, il constitue néanmoins la première démonstration robuste d’une efficacité médicamenteuse dans cette indication.
En France, l’accès précoce est strictement encadré. Les patients éligibles doivent être âgés de 18 ans ou plus, présenter une MASH avec fibrose F3 et ne pas avoir de signe de cirrhose. Plusieurs aspects pratiques restent toutefois à préciser, notamment les critères diagnostiques non invasifs permettant de sélectionner les patients en l’absence de biopsie hépatique, ainsi que les modalités optimales de suivi, les critères d’évaluation de la réponse et les indications de poursuite ou d’arrêt du traitement.
Au-delà de l’enthousiasme suscité par cette première autorisation, plusieurs questions demeurent. Quelle sera la place du resmétirom face aux agonistes du GLP-1, à la chirurgie bariatrique ou aux futures stratégies de combinaison thérapeutique ? Quels seront les meilleurs marqueurs de réponse à long terme ? Les études en cours, en particulier MAESTRO-NASH OUTCOMES, devront confirmer l’impact du traitement sur les événements cliniques majeurs, la progression vers la cirrhose et la survie.
L’arrivée du resmétirom représente une avancée historique pour notre discipline. Elle ouvre la voie à une nouvelle ère thérapeutique dans la MASH, où l’expertise des hépatologues, la sélection rigoureuse des patients et l’intégration des outils non invasifs seront essentielles pour transformer cette innovation pharmacologique en bénéfice clinique tangible pour nos patients.